Silence on tourne des films qui feront grand bruit

Publié le par David CASTEL


Par Michel Porcheron, de Cubarte / 16-08-2005

Il ne manque rien à Oliver Stone ou Steven Spielberg, surtout pas le talent et les idées de films. Et si jamais l’imagination leur faisait défaut, les réalités de la vie d’hier ou d’avant-hier, surtout quand elles sont tragiques, sont là comme autant de matières premières qu’ils vont magistralement façonner. Pas étonnant de la part de ces modeleurs de génie.

Pas étonnant non plus d’apprendre que Oliver Stone va donner le premier clap du premier film - une fiction - sur les attentats contre les Tours du Word Trade Center du trop célèbre 11 septembre 2001. Stone aura doublé beaucoup de ses collègues réalisateurs qui ont dans leurs cartons d’autres scénarios sur le même sujet.

Ainsi quelque quatre années auront été nécessaires pour voir mûrir et aboutir une fiction sur ce qui a été un cauchemar pour le monde entier, à commencer bien sûr par les Américains et les new-yorkais en particulier.

Mais est-ce que le film de Oliver Stone reproduira ce qu’a pensé et pense le citoyen Oliver Stone, 58 ans, sur le 11 septembre ? Pas certain du tout. Il suffit de lire les propos mêmes du réalisateur pour percevoir d’emblée que son film sera plus hollywoodien que stonien.

De la part de Oliver Stone, qui a fait ses preuves en secouant ses concitoyens et le reste du monde au risque de déplaire à pas mal de gens, il était facile d’imaginer un film sur le mode politique. Tout le monde a en mémoire son JFK (1991) avec Kevin Costner, on son Nixon (1995), nettement moins intéressant, avec Anthony Hopkins et son documentaire récent Looking for Fidel, incontournable quand on veut comprendre qui est, ce que pense et fait le président Fidel Castro. Avec Platoon (1986) et trois ans plus tard Né un 4 juillet, deux dérangeantes réflexions sur l’intervention militaire américaine au Vietnam, Oliver Stone remporta deux Oscars.

« En aucune façon, mon film ne traitera des motifs des terroristes, ni de qui ils étaient, ni de la politique du 11 septembre », a déclaré O. Stone dans des propos rapportés par la presse américaine à la fin du mois de juillet. Comme pour convaincre qu’il ne s’agira pas d’un film dans la lignée des précédents, Stone a ajouté : « C’est un document austère, véridique sur ce qui s’est déroulé pendant ces heures là ». A travers notamment la vie de deux survivants, deux officiers de police, de sauveteurs ou de membres de familles de rescapés.

Le film de Oliver Stone, pour l’instant sans titre (31 juillet) sera produit par la Paramount, avec un script de Andrea Berloff, 31 ans, une « débutante » selon la journaliste française Claudine Mulard, basée en Californie qui cite le Los Angeles Times pour qui le script est « fascinant, très bien ficelé et pas du tout politique ».

A l’inverse, à en croire la correspondante du journal Le Monde à Los Angeles, le prochain film du géant Steven Spielberg - qui, pour l’heure, jouit des retombées planétaires de sa superproduction La Guerre des mondes- sera son film « le plus politique » (Le Monde, 27 juillet). Hollywood (via Universal et les studios DreamWorks, cofondés par Spielberg) va ainsi financer Munich (titre provisoire) qui devrait être prêt pour la course aux Oscars de la fin de l’année.

Lors des 20 ème Jeux olympiques de 1972 à Munich, des athlètes israéliens étaient pris en otages dans le village olympique par un commando de huit fedayin palestiniens, appelé Septembre noir, proche du Fatah, dont le nom rappelait l’expulsion des Palestiniens de Jordanie en septembre 70. Le commando exigeait la libération de prisonniers palestiniens. Cette action spectaculaire se soldait par la mort de dix huit personnes dont onze Israéliens, cinq Palestiniens et un policier allemand. En représailles, Israël engagea des raids contre les camps de réfugiés et les villages situés à la frontière avec le Liban. Tel-Aviv, sur ordre de Golda Meir, premier ministre, alla plus loin en faisant pourchasser et éliminer par des agents du Mossad les responsables palestiniens impliqués dans cette tragédie.

Le film de Spielberg, qui a à son actif un film célèbre sur l’Holocauste, La liste de Schindler (1993) met l’accent sur ces représailles, se référant en bonne partie sur l’exposition des faits selon le Canadien George Jonas dans son livre Vengeance.

« Voir les représailles israéliennes à travers le regard des hommes envoyés pour venger cette tragédie ajoutera une dimension humaine supplémentaire à cet horrible évènement historique, au-delà des simples aspects politiques et militaires ». C’est ce qu’a commenté Spielberg dans la presse. Pour la journaliste française, « la reconstitution d’un épisode aussi dramatique du conflit israélo-palestinien par un cinéaste emblématique de la communauté juive a suscité controverse et inquiétude ». Provenant surtout de certains membres du monde juif américain ou de conservateurs. Rendez-vous en décembre.

De son côté, Robert de Niro a fait des repérages en République dominicaine pour tourner plusieurs scènes de The Good Sheperd, qui raconte une histoire de la CIA.

Le réalisateur US Ron Howard lui n’a pas tourné cet été dans son pays, mais à Paris et pour cause puisque il est le metteur en scène de Da Vinci Code, eh oui, éponyme du livre (?) de Dan Brown. Ron Howard qui a laissé un Apollo 13 (1995) trop hagiographique pour être intéressant bénéficie d’un budget prévu de 130 millions de dollars, de Tom Hanks à la tête du casting et, après Paris, de plusieurs mois encore de tournage forcément confidentiel, la sortie de Da Vinci Code étant prévue, cela pour les amateurs, exactement le 17 mai 2006. La France est « complice » dans cette affaire. Pendant tout le mois de juillet, loin des regards des journalistes, Howard, produit par Columbia- Sony, a fait marcher ses caméras entre l’Eglise Notre Dame de Lorette et la place Saint-Georges, forcément place Vendôme avec le Ritz, le Musée du Louvre (de nuit) et ses salons Napoléon III et devant la (très belle) pyramide de verre. Deux acteurs français font partie de cette opération : Audrey Tautou ( l’Amélie Poulain du Fabuleux destin) et Jean Reno, un des rares acteurs français très prisés par les producteurs d’outre-atlantique.

Publié dans Promo du film

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