Munich, 1972.

Publié le par David CASTEL

Un éditorial de Murielle Schor, vice-présidente de Aujourd'hui, Autrement.



Murielle Schor

J'avais un oncle, le plus jeune frère de mon père. J'ai fait sa connaissance en Roumanie dans les années 60. Il était mon préféré. Son nom était Kehat Schor.

Champion de tir a la carabine de Roumanie, il attendait le droit d'émigrer en Israël et nous étions aller le voir pour essayer de sortir quelques affaires personnelles, à ce moment les émigrants partaient sans rien.

Il a reçu son visa d'émigration pour partir avec sa femme et ma chère cousine Michal.

En Israël, il est devenu instructeur de tir de l'armée puis, comme ancien champion, il a été nommé instructeur de l'équipe olympique israélienne.

La suite est l'histoire des otages de Munich. Nous avons été réveillés le 5 septembre par un appel téléphonique de l'ambassade puis tenu au courant toute la journée. Mon père devenait fou. Dans la soirée, l'ambassade nous a dit qu'ils étaient sauvés puis, une demi heure, après qu'ils étaient tous morts.

Je n'ai appris que très longtemps après la vérité. Il a été tue par balles dans l'hélicoptère et nous ne saurons jamais s'il s'agissait de tirs allemands ou palestiniens.

Ma cousine est allée aux Jeux Olympiques suivants à Montréal pour demander avec les autres familles des otages une minute de silence pour les Israéliens et à ce jour cela n'a pas été fait.

Je ne parle jamais de cette histoire que l'actualité a fait resurgir, mais aujourd'hui je voulais vous la faire partager.

Lundi 30 Janvier 2006
Murielle Schor
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Publié dans Jeux Olympiques

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