L'avis de la rédaction Nord-Cinéma

Publié le par David CASTEL

Les critiques de la rédaction :
Munich
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Un film américain de Steven Spielberg avec Eric Bana, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz

Genre : Historique - Durée : 2H40 mn

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La note de la rédaction :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Critique de Jacques Coulardeau
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
UNE AUTRE VOIX JUIVE.
1972. Les jeux olympiques de Munich. Un commando palestinien prend en otage onze athlètes israéliens. L’affaire tourne mal et les onze otages seront abattus. Un seul membre du commando a survécu. Le film de Spielberg ne se demande pas pourquoi mais analyse de l’intérieur les changements d’attitude des Israéliens après cet événement. Golda Meir est montrée comme assumant un changement radical. Dorénavant tout sera fait pour abattre les têtes pensantes de ce terrorisme. C’est un changement radical en ce sens que l’action est purement criminelle, donc terroriste, et en rien militaire. Mais c’est nécessairement dans la suite de la politique antérieure d’appropriation d’une terre par expulsion des gens qui y habitent et y sont nés. Ce ne sont que les moyens qui changent et nient totalement la morale juive comme la loi israélienne. On abat quelqu’un sur des doutes mais aucune preuve. On abat sans procès, alors même qu’Israël ne reconnaît pas la peine de mort. Les membres de ce commando sont faits dieux, juges et exécuteurs, de jugements venus d’ailleurs sous forme de consignes, tout à la fois, pour ne pas dire bourreau. Le film étudie dans le détail, non pas les opérations terroristes de ce groupe, mais la naissance en eux du doute : un coupable présumé a le droit d’être jugé, donc il devrait être enlevé et emmené en Israël pour y passer en procès. Les membres du commando comprennent peu à peu qu’ils sont des terroristes. C’est alors qu’une deuxième transformation apparaît. Le doute fait naître une conscience qui se différencie. Nous atteignons là la métaphore avec les Juifs d’aujourd’hui. La violence pour la violence répondant à la violence pour la violence crée le doute parmi les Juifs et certains qui se mettent à douter développent une seconde conscience et n’approuvent plus l’état d’Israël et sa politique impérialiste, surtout que l’argument de la Shoah peu à peu s’efface, surtout que la Shoah fut la responsabilité d’hommes bien précis, Hitler et ses acolytes et complices, allemands ou autres, et que maintenant les Israéliens doivent traiter avec des gens qui ne les ont pas spoliés mais qu’ils ont spoliés. Une autre voix monte parmi les Israéliens, et parmi les Juifs dans le monde, une autre voix juive : les refuzniks en Israël et les Juifs critiques de la politique militaire d’expansion territoriale d’Israël dans le monde entier. Steven Spielberg explique et même démontre que cette utilisation de la violence pour la violence en vue de spolier toujours davantage le peuple palestinien ne peut que mener à une réponse palestinienne violente et sans fin plus une division des Juifs sur la ligne de l’éthique qui vise nécessairement à la paix car il n’y a pas de morale dans la guerre de survie terroriste. Steven Spielberg s’arrête juste sur la ligne qui considérerait que la création même d’Israël est la cause de cet engrenage. Pour le moment aucun Juif ne pense cela, mais cette ligne est présente en filigrane tout du long du film. On a donc là, venu d’un Juif, une analyse sans concessions de l’engrenage historique mis en place par la création de l’état d’Israël. Le final semble bien montrer que la communauté juive est aujourd’hui divisée et qu’elle ne peut plus rompre le pain ensemble, symbole suprême de la perte d’identité, de la perte de perspective et d’unité. C’est bien sûr la traversée de la Mer Rouge et du désert sous la conduite de Moïse qui est en jeu car c’est la loi mosaïque qui a établi ces règles. Quand les Juifs ne peuvent plus rompre le pain ensemble c’est que l’Alliance avec Dieu, la base même de l’existence du peuple d’Israël, est mise en doute, et même en abîme. Et un Israélien né en Israël cherche refuge en dehors de la terre d’Israël, a New York en l’occurrence.

Jacques COULARDEAU


Critique de André Ruellan
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Je m'attendais à un film plus convaincant, plus émouvant : il est surtout très long, entrecoupant les explosions diverses de parlotes, d'états d'âme et de grandiloquence.
Cette chasse manque de suspense bien que l'on fasse la tournée des capitales où sont recensés bien-sûr, tous les lieux communs, dont Hollywood se fait une idée très personnelle: il pleut à Londres, à Paris, on met des casquettes etc...
Sinon, c'est bien filmé et le prologue est des plus réussi, mais ces exécuteurs secrets m'ont paru peu discrets, très nerveux, même naïfs parfois, au gré de démonstrations bruyantes où règnent dissentions et incompréhension dans un pittoresque de business et d'étranges scènes plutôt surréalistes.
L'interprètation n'est guère persuasive non-plus et à part Mathieu Kassovitz en artificier maladroit, et Michael Lonsdale, excellent en patriarche de la Résistance, la distribution américaine ne brille pas d'un éclat particulier malgré les louables efforts d'Eric bana, très conventionnel.


Critique de Claire Fortier-Durand
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De Steven Spielberg, je suis prête à tout voir malgré ses deux derniers films qui m'avaient laissée un goût plutôt amer de facilité et de manque d'originalité.
"Munich" est inspiré de faits réels. Soit. Je m'attendais à être plus émue par ces faits, par l'histoire de ces hommes devenus tueurs de terroristes. Eh bien pas vraiment, malheureusement. Il se laisse regarder, mais encore une fois, sans vraiment marquer la mémoire.
Le film accumule les clichés, mais s'offre un casting très réussi, convaincant et original.
On observe la vie de ces tueurs, pas toujours doués (Kassovitz offre un personnage très réussi), qui doutent, qui se perdent dans un conflit mais dans lequel on n'arrive pas vraiment à s'impliquer.

Publié dans Critiques film France

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