CINE - Munich, une barbarie peut en cacher une autre

Publié le par David CASTEL

Le Petit Journal - France
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Ce film intense raconte les tragiques conséquences de la prise d’otage des athlètes israéliens à Munich en 1972, par un groupe appelé Septembre noir. L’escalade de la brutalité post-Munich interroge le spectateur sur la légitimité de certaines violences

5 septembre 1972, les Jeux olympiques de Munich se transforment en symbole de l’horreur terroriste anti-israélienne. Des membres de l'équipe olympique d’Israël sont pris en otage et assassinés par des terroristes palestiniens. Le monde entier est horrifié. Les autorités israéliennes décident alors de commanditer l’élimination des instigateurs de ce qui rendra tristement célèbre Septembre noir.
Avner, interprété par Eric Bana, est le fils d’un héros israélien. Il est sur le point de devenir papa, quand le gouvernement hébreux, dirigé par Golda Meir, vient lui proposer une mission très secrète. Par amour de son pays, il accepte de quitter sa famille et de partir à la chasse à l’homme. Il va assassiner, avec l'appui moral de son gouvernement et avec l'aide de trois autres civils israéliens recrutés pour l'occasion (parmi lesquels Mathieu Kassovitz tient un rôle émouvant), neuf des onze instigateurs de Munich 1972.
Histoire d’Israël, histoire universelle
Dans une quête qui mène le spectateur à travers les plus belles capitales européennes, Munich montre l'escalade de la violence, ses conséquences et son inutilité face au terrorisme. Tuez un terroriste et il en apparaît instantanément deux autres, pires que le premier.
De cet apprentissage brutal, Avner finit par conclure que la famille est plus importante que le pays d'où l'on vient, car elle est la véritable patrie. C'est en substance ce que dit Spielberg dans ce film au caractère universel, bien que traitant du très spécifique et douloureux thème de l’histoire du peuple juif et de la fondation de l'Etat d'Israël.
Adapté du livre de George Jonas, Vengeance, le long métrage de Steven Spielberg captive le spectateur jusqu’à la fin, malgré ses deux heures quarante. On ne peut s’empêcher de ressentir de la compassion pour le héros, entraîné dans les remous de l’histoire. Mais la question lancinante qui reste à l'esprit, longtemps après la fin du film, reste: aucune violence est-elle jamais justifiable?
Dominique SALOMON (LPJ – 3 février 2006)

Munich - Etats-Unis - 2005
Un film de Steven Spielberg, avec Eric Bana, Daniel Craig, Ciaran Hinds et Mathieu Kassovitz - 2h40

Publié dans Critiques film France

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