oeil pour oeil

Publié le par David CASTEL



Avec la tonitruante Guerre des Mondes, le papa d’E.T prouvait il y a quelques mois qu’il n’avait rien perdu de son savoir faire technique... quitte à y laisser des plumes scénaristiques. Les inconditionnels de Spielberg l’intime, l’engagé, l’historien, trouveront avec Munich le plus beau lot de consolation dont ils pouvaient rêver.

Ancré juste après les attentats des JO de 1972, Munich extrapole, d’après un roman de George Jonas, une théorie de vengeance répondant à l’évènement qui avait secoué le monde entier. Cette vengeance, c’est celle du Mossad contre les commanditaires palestiniens de l’enlèvement et du massacre. L’occasion pour le maître incontesté d'Hollywood de revenir sur ses thèmes de prédilection (l’identité juive, la famille, la Shoah, la transmission...) via une structure scénaristique très appréciée et souvent utilisée par le réalisateur qui, après Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan ou La Liste de Schindler, fait une fois de plus s’entrecroiser avec brio petite et Grande Histoire.

La petite histoire, c’est celle du leader quasi-improvisé du groupe de « vengeurs » et de ses acolytes. Loin du cliché de l’activiste forcené, de la brute barbare ou de la victime consentante, Eric Bana interprète avant tout un homme vrai et droit dont la foi, la raison et les convictions seront ébranlées par une mission dont la légitimité est aussi facilement vérifiable que dézinguable. L’acteur trouve d’ailleurs ici le parfait vecteur de son talent, jusque-là sous exploité dans des films bodybuildés (Hulk, Troie). À la fois fragile et fort, confiant et douteux, amoureux et distant, son personnage de survivant est un des plus beaux et torturés que Spielberg ait jamais filmé. Une complexité dont les stigmates ressortent dans une scène d’amour physique aussi paradoxale que possible. Là où la femme d’Avner n’est qu’abandon et générosité, lui est magnifiquement déchiré entre l’amour qu’il éprouve pour son épouse et les fantômes qui le hantent et éveillent sa culpabilité et sa paranoïa. Habité par la fragilité de Robert (Mathieu Kassovitz), la détermination de Steve (Daniel Craig), le professionnalisme de Carl (Ciarán Hinds) et la sagesse de Hans (Hanns Zischler), Avner est ainsi le bouleversant catalyseur des émotions d’un groupe d’hommes tiraillés entre leur supposé devoir citoyen et leur morale personnelle.

Les catégoriques reprocheront sans doute à Spielberg d’avoir fait de son héros un être trop fragile et de ne pas avoir oser le parti pris. Mais avec un tel sujet, la polémique était de toute façon inévitable. S’afficher en faveur d’un bord ou d’un autre lui aurait valu tout autant de critiques. Mais être metteur en scène revient à faire des choix et Spielberg a fait celui de la nuance et de l’impartialité. Que l’on approuve ou non, l’absence de parti pris en est déjà un. Subtile, sa réflexion politique laisse ici place au libre-arbitre. D’une scène à l’autre, le point de vue change, à l’image d’une séquence entre Avner, l’Israélien, et son homologue palestinien pacifiquement rencontré dans une planque. Quel que soit l’angle adopté par Spielberg, sa conclusion reste la même : aussi extrêmes soient leurs actes et leurs revendications, les deux peuples ne sont que les victimes innocentes et les pantins d’un système politique et économique qui leur est étranger. La situation décrite fait d’ailleurs directement écho à l’actualité là où les précédents films historiques de Spielberg évoquaient des problèmes passés. C’est d’ailleurs en cette lecture très contemporaine que réside l’atout principal du film.

Mais Spielberg reste aussi un faiseur de divertissement qui ne trahit pas sa réputation en la matière. Munich reste un thriller qui manie très habilement le suspense. Chaque exécution est ainsi minutieusement orchestrée et mise en scène avec une grande efficacité, et ce malgré un académisme un peu regrettable. Mais les arguments du film ne sont de toute façon ni l’action, ni l’exercice de style. Munich est surtout et avant tout une habile exploration dans l’inconscient d’hommes prisonniers de leur éthique et de leur patriotisme.

Par Marilyne Letertre.



Munich est une œuvre délicate . A la fois « based on a true story », adaptation d’un roman (Vengeance du journaliste canadien George Jonas, 1984), film d’espionnage, tentative d’analyse géopolitique et nouveau film de Steven Spielberg. Plusieurs casquettes portées successivement, parfois simultanément, toujours maladroitement, par cette « fiction historique », comme la définissent ses auteurs. Un projet a priori passionnant, enthousiasmant, qui se révèle - non pas au final mais bien tout du long – exaspérant. Le plus intéressant, mais aussi le plus délicat, reste alors de parler du film à plusieurs voix.

En temps cumulé, l’essentiel des 2h40 repose sur la traque à proprement dite de 11 membres du Black September tenus pour responsables de l’attentat de Munich. Une structure narrative simple et linéaire, où le spectateur suit la préparation et l’exécution d’une mission, puis d’une autre, puis… Le côté rébarbatif est tout à fait intentionnel, en adéquation avec le sujet, mais peu convaincant en termes de cinématographie. A plus d’une reprise, l’équipe de tueurs amateurs réunie par Eric Bana ne fait pas preuve seulement d’amateurisme, mais de réelle crétinerie. Une mission les voit ainsi se perdre dans un balai de voitures aussi chorégraphique qu’inutile, puisqu’ils finissent par attendre la cible tranquillement chez lui. Premier accroc. Le stratagème suivant entend piéger un homme avec un téléphone transformé en bombe, sauf que c’est sa fille qui décroche… et surtout, que le coup de fil est passé d’une cabine tandis que la bombe est activée logiquement la seconde d’après d’une voiture. Allez comprendre. Toujours est-il que l’attentat terroriste devient alors un plan de sauvetage humaniste. Pourtant, rien de choquant pour la plupart de mes confrères journalistes, puisque nous sommes chez Spielberg. Cet acte se veut bien sûr symbolique de la distinction profonde que font les cinq agents du Mossad entre le crime d’Etat et le simple meurtre, mais la naïveté criante de la représentation alourdit et dessert le propos. En écho direct à cette scène, le réalisateur se révèle par contre sans concession lors d’une exécution graphique et gratuite. L’espace d’un instant, il réussit à sortir le spectateur de sa torpeur et à lui asséner, ainsi qu’aux idéologues d’une loi du Talion mesurée, un joli uppercut.

Crime, meurtre, exécution, vengeance… le monde dépeint dans Munich respire la haine à chaque coin de rue, et malencontreusement à chaque plan du film. En effet, à préparer, répéter et multiplier des exécutions de sang froid, le très long-métrage développe un côté donc rébarbatif, mais aussi ludique. La tentative de Spielberg d’humaniser ses antihéros s’accompagne d’une étrange empathie, où le spectateur peut se laisser prendre au jeu des missions, sans pour autant se sentir ni complice, ni coupable. N’ayant pas vraiment de place ou de position par rapport au film, il se retrouve à ne pouvoir se rattacher qu’à l’enjeu de chaque mission, à savoir la mort d’un homme. Chose courante dans une fiction ou un jeu vidéo, mais désagréable, voire malsaine, dans cette réalité si proche de nous qu’elle s’appelle parfois actualité. Se pose ainsi la question de savoir si cet enchaînement meurtrier, et ennuyeux, est une démonstration valable et convaincante contre le terrorisme ? Parce qu’il est bien question de cela, Spielberg met en scène une démonstration de la célèbre expression « œil pour œil, dent pour dent », qui a finit par rendre le monde entier aveugle. Donc pas de révélation, juste une redite parfois emprunte de finesse (ah, ce plan final), mais bien souvent laborieuse. Il préfère ainsi donner la parole à chacun des deux partis (israéliens et palestiniens donc), à travers par exemple une rencontre (fictive ?) entre deux factions terroristes. Sauf que leur échange ne vole pas très haut, à savoir entre le consensuel et le superficiel. A ne vouloir fâcher personne, le film mécontente d’abord tous les hauts dirigeants (du chef du Mossad au consul général d’Israël), mais surtout il finit par mettre tous les simples exécutants dans le même panier, en victimes d’une machine infernale. Encore une fois, un joli geste humaniste, mais aussi facile et démagogique que d’accuser et renvoyer dos à dos tous les puissants (de Palestine à Israël en passant par a France et la CIA). Surtout lorsque autour d’une radio, Palestiniens et Israéliens se disputent le choix de la station avant de se mettre d’accord sur un tube… américain !

Munich est donc une œuvre intéressante, mais à son détriment. Qu’elle soit de Steven Spielberg (un intouchable, celui-là !) ne la rend pas moins critiquable. Tout cinéphile qui se respecte se doit donc d’aller voir le film, de supporter le ton solennel pendant 2h40, puis de partager son point de vue. Écran Large est aussi là pour ça.

Par Vincent Julé
Critique rédigée le 05/01/2006

5 janvier 2006
Ondes de choc
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Ondes de choc : Archives

OEil pour œil
Richard Martineau
 
S'il y a un film que vous devez voir en ce début d'année, c'est Munich, de Steven Spielberg. C'est le pamphlet politique le plus virulent et le plus pertinent depuis Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.

Je vous entends déjà crier votre indignation: "Quoi? Mettre le père de E.T. et Indiana Jones dans le même panier que le réalisateur de Bowling for Columbine et Roger and Me? Mais c'est une aberration, un sacrilège!"

Eh bien non. Ces deux films visent la même cible et rongent le même os.

Adaptation de Vengeance, best-seller du journaliste canadien George Jonas (un ouvrage-choc qui a causé une énorme controverse à sa sortie, en 1984), le film de Spielberg se déroule au lendemain des terribles événements qui ont secoué les Jeux olympiques de Munich en 1972. Afin de venger les 11 athlètes israéliens lâchement assassinés par Septembre Noir, un groupe terroriste pro-palestinien, Golda Meir, alors première ministre d'Israël, a mis sur pied un groupe d'intervention paramilitaire ultrasecret.

Sa mission: retrouver les 11 personnes responsables de cette attaque ignoble, et les abattre sur-le-champ.

Pendant deux ans, les membres de ce groupe ont patrouillé le monde. Ils ont amassé des informations, acheté des armes sur le marché noir, fabriqué de faux passeports et suivi leurs cibles à la trace. Ils ont abattu un homme dans le hall d'une tour d'habitation, placé des bombes dans un téléphone et sous un lit, et fait exploser une chambre d'hôtel à Athènes. Ils ont abattu

de sang-froid trois Arabes devant une église en Suisse, tué une femme dans une péniche en Hollande et fait sauter l'automobile d'un suspect à Paris.

Du 16 octobre 1972 au 11 novembre 1974, les membres de cette escouade ont tué 15 personnes.

Ils ont vengé leurs compatriotes, comme le souhaitait Golda Meir.

Mais ils ont aussi perdu leur âme en chemin.

La dernière scène de Munich se déroule à New York en 1975. Floué, déprimé, rongé par le doute, le chef de l'escouade antiterroriste se demande s'il a bien fait d'accepter cette mission. La caméra le suit alors qu'il longe la rivière Hudson.

On le voit marcher les mains dans les poches. On aperçoit les buildings de Manhattan. Puis la caméra effectue un lent panoramique à gauche et s'arrête sur les deux tours du World Trade Center.

The End.

Spielberg est un cinéaste intelligent. S'il a décidé de terminer son film sur des images du World Trade Center (un punch que j'ai trouvé aussi fort que celui de La Planète des singes), ce n'est pas innocent. C'est parce qu'il veut établir un parallèle entre Israël et les États-Unis, entre les décisions prises par Golda Meir en 1972 et celles prises par George W. Bush en 2001.

"La vengeance est une arme dangereuse, dit en substance Spielberg. Quand on terrorise des terroristes, quand on tue des meurtriers, quand on brise la loi pour attraper des gens qui brisent la loi, quand on bafoue les libertés individuelles pour punir des gens qui bafouent les libertés individuelles, on finit par perdre son âme et par descendre au niveau de ses ennemis. La meilleure façon de défendre la démocratie est de la respecter."

Si ce n'est pas un film politique, je me demande ce que c'est...

Ce n'est pas la première fois que Spielberg critique l'administration américaine. War of the Worlds, son film précédent, était aussi une métaphore sur la lutte antiterroriste menée par George W. Bush. À travers cette adaptation crépusculaire du classique de H.G. Wells, Spielberg montrait à quel point le recours aux armes est une solution inadéquate lorsque vient le temps de lutter contre une menace aussi insidieuse que le terrorisme. Rappelez-vous le personnage interprété par Tim Robbins. Sorte de "survivaliste" fou qui tripait sur les fusils et qui était prêt à écraser ses voisins pour tuer ses ennemis, il était dépeint comme un véritable crackpot.

Il a beau avoir fait des films sur des requins et des extraterrestres, Steven Spielberg n'en demeure pas moins un auteur important qui a des choses à dire. Suffit d'aller au-delà des apparences et de voir un peu plus loin que le bout de son nez...


 
 



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Munich, horrible propagande anti-arabe votez pour cette réaction
 
M. Martineau,

Les pseudo ''pro-israël'' seront réconfortés dans leur mépris des arabes. Quoi de mieux pour détourner l'attention du massacre en irak en cours en ce moment Allez voir un film de ''méchants'' arabes...

Des gens pourtant intelligents (mes parents) ne comprennent pasque les arabes se sont fait épouvantablement niaiser (tuer, massacrer, déporter)
Et ce qui a causé la prise d'otage n'est pas montré (L'envahissement de 1967) (Un envahissement mille fois pire que la tuerie de 11 personnes)

La guerre de Bush tue 100 arabes par semaine...135 arabes sont morts aujourd'hui...
Est-ce que j'ai la force de voir 15 arabes se faire massacrer froidement un par un ? Je suis pro-arabe et je n'irai sûrement pas voir cette horreur épouvantable Je ne comprend pas comment vous faites pour endurer ça...
Vous êtes au courant que les arabes sont des humains ?

Ce que vous dites : ''les 11 israéliens lâchement assassinés'' est faux. Mais c'est bien ce que Spielberg veut faire croire.
UN seul otage a été lâchement assassiné,
Les autres sont morts quand la police allemande a forcé un assaut inutile à la fin Les palestiniens n'avaient pas tué les 10 autres. Ils voulaient partir.
L'assaut crétin des allemands à tué tout le monde
De toute évidence ce n'est pas montré dans le film non plus...évidement

Spielberg est un arrogant bouffon qui n'a pas lever le petit doigt pour arrêter Bush et sa gigantesque tuerie irakienne (pas mal plus que 11).

''C'est correct si on tue 100 arabes par semaine, ils ont tué 11 israéliens en 1972'' ??? Si vous trouvez que c'est stupide de penser comme ça, détrompez-vous ! Parce que des millions d'abrutis penseront exactement ça....

Si je veux voir des arabes se faire tuer je n'ai qu'à ouvrir la télé et regarder les nouvelles à tous les jours...
Pas besoin d'aller voir le film .

Etienne Devilliers
{8 votes}
5 janvier 2006

Un bric-à-brac votez pour cette réaction
 
Depuis Munich 1972 il en a coulé de l'eau sous les ponts. Bientôt, après le départ d'Ariel Sharon il en coulera encore et la loi du Talion sévira à chaque fois qu'elle sera nécessaire. La nature ayant horreur du vide, il ne faut pas se surprendre de la résurgence de scénarios insensés tous pleins de vengeances imbriquées les unes dans les autres.

Je ne connais pas la politique d'Israël ni celle du proche Orient. Mais l'Histoire démontre une instabilité constante dans cette partie de la planète et personne ne veut céder quoi que ce soit de ses acquis. A tort ou à raison les Etats Unis d'Amérique chevauchent ces régions en faisant de la haute voltige parfois sans filet. Je ne suis ni pro ni anti, je suis un parfait ignorant de la chose parce qu'à mes yeux elle demeure extrêmement compliquée. Même si des trésors de diplomatie parviennent à des accords ne fussent que temporaires, tout reste explosif. Il faut marcher constamment sur des oeufs même si ceux-ci sont déjà pourris.

Tout est politisé de nos jours. Il n'y a pas moyen de s'en sortir, il faut vivre avec. Du sport extrême aux enfants qui doivent travailler, du métro de Laval à la future autoroute 25 dans l'est de Montréal, rien n'y est oublié. Les décisions bien arrêtés qui ont été prises hier ne valent plus pour aujourd'hui, il faut en créer d'autres dans l'intérêt de tout le monde. C'est une bataille à longue échéance, une guerre sans fin. Dans un tel bric-à-brac politique je m'y perds de plus en plus. Alors j'écoute et je regarde ce qui se dit et se passe sans avancer d'un iota dans ma logistique personnelle. Mon logiciel est "out".

Ce n'est pas aussi simple de s'aventurer dans ces méandres minés. Ce n'est pas non plus en se fermant les yeux que le climat va s'améliorer. S'impliquer personnellement? Je n'ai pas la formation pour, encore moins la compétence pour émettre un point de vue, si primordial soit-il­. La vérité et l'ignorance se côtoient sans qu'on soit capable d'en discerner la moindre nuance

Yvon Turcotte  Internaute dans les 200 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{20 votes}
5 janvier 2006

Un vision partiellement polarisée votez pour cette réaction
 
Le film est intéressant et présente le point de vue des israéliens sur le phénomène du terrorisme qui est pratiqué contre eux. Il glorifie donc la lutte pour la survie et présente comme juste la leur. Par contre, le point de vu des palestiniens est presque complètement occulté. Il ne nous est pas présenté le spectacle des camps de réfugiés palestiens qui sont bombardés par Israel. Il devient facile de démoniser les méchants terroristes barbares et incultes palestiens.

Est-ce que l'état d'Israel qui s'est emparé des terres palestiennes et a tassé les palestiniens dans des camps de réfugiés, et est-ce que leur cause sont si vertueux? J'en doute.

Gilles Lafrenière
{9 votes}
5 janvier 2006

oeil pour oeil...mon oeil ! votez pour cette réaction
 
Je pense qu'il ne faut pas aller chercher du génie là où il n'y en a pas. Spielberg a fait du fast food à l'américaine, un film de pure propagande sioniste point à la ligne. il n'y a rien d'anti bush dans ce film et c'est valable presque la totalité des films de ce producteur ô combien publicisé et pourtant tellement banal.
J'ajouterais que de se tortiller la caboche pour trouver des paraboles que seules les super intellos intelligents trouveraient relève pour moi de la pathologie.
Quant à ceux qui disent que Golda Meir à bien agi et que la politique d'oeil pour oeil est la bonne chose à faire...je leur signale que les Israéliens font beaucoup plus de morts que les Palestiniens... il faudrait donc équilibrer un peu et que les Palestiniens soit un peu plus actifs...qu'en pensez-vous maintenant du fameux oeil pour oeil, dent pour dent !

Amine Ben
{1 vote}
5 janvier 2006

N'est ce pas là une bonne façon de régler les problèmes de terrorisme? votez pour cette réaction
 
On peut critiquer la façon qu'a eue Israël de s'en prendre aux preneurs d'otages. Mais on se demande également si ce n'est pas la meilleure façon de régler l'épineuse question du terrorisme. D'ailleurs, à l'époque de l'Union Soviétique, c'était également la façon de procéder: pas de fla-fla, mais du travail de terrain (voir même sous-terrain!!!) pour éliminer les responsables des actes irresponsables.

Pour faire un parallèle avec les tours du World Trade Center, il aurait fallut, au lendemain de l'attaque, qu'une escouade secrète soit montée, discrètement, avec, comme objectif, d'éliminer Ben Laden et son équipe. Au lieu de cela, qu'a-t-on fait? On a sorti tambours et trompettes et montrés avec beaucoup d'éclat que les USA pouvaient écraser un méga-pays comme... l'Afghanistan. Puis, c'est au tour de l'Irak. Pendant ce temps, le terrorisme ne s'est jamais aussi bien porté et les USA sont toujours à craindre une nouvelle attaque.

Il y a peut-être des leçons à tirer de l'histoire. Une chose est certaine: Georges W. Bush n'a rien compris de cela et il en paie le prix présentement.

Christian Boisvert  Internaute dans les 10 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{1 vote}
5 janvier 2006

Malaise votez pour cette réaction
 
Simplement un mot pour monsieur Martineau: je trouve faible que vous soyez obligé de décrire la fin d'un film pour appuyer votre argumentation... On ne parle d'un vieux classique que tout le monde a vu, mais bien d'un film qui est encore en salle. Ne serait-ce qu'avec la description d'un plan, d'un punch ou d'une réplique, je crois encore qu'il ne faut pas gâcher le plaisir du spectateur en lui révélant une partie du film. En visionnant Jeanne d'Arc, on sait tous quelle sera immolée à un moment du film (ou que le Titanic va couler...); ce n'est pas une raison pour en dévoiler les intrigues. La critique d'un film ou d'une pièce de théatre ne devrait pas inclure une description. On peut dénoncer la guerre et la bêtise politique, avec plus de vigueur et d'efficacité, avec des techniques plus honorables.

L. Philippe Baril
{1 vote}
5 janvier 2006

film véridique quoique controversé (un Masterpiece à la Color Purple) votez pour cette réaction
 
j'avais vu et écouté à quelques reprises un documentaire intitulé :"Aucune Fuite Possible" et qui parlait des manoeuvres du Mossad pour éliminer les responsables de MUNICH en l'occurence le groupe Septembre Noir...tout ce qui est relié à ce film est véridique mais controversé à la fois parce que Spielberg prend position à la fois et fait cette fois un genre de film d'auteur...certains critiques disent que ce n'est pas du calibre de "La Liste De Schindler"... C'est certain ! mis à part que des juifs sont aussi mis en cause (et comme victimes) ce n'est pas du tout une suite logique de ce dernier...Heureusement d'ailleurs !.. la violence dans ce film n'est pas du tout subtile...Mais la réalité ne l'a pas été non plus !! (d'autant plus que dans la vraie histoire,on avait piégé le Mossad en Norvège, et plutôt que de tuer le "cerveau" de L'attentat (Le Prince Rouge en l'occurence) on a tué à la place un simple innocent devant sa femme...ce qui avait mis au jour le "complot" du Mossad qui en avait pris un dur coup à la face du monde !) mais je crois tout de même (à contre-courant peut-être) que ce ce film sera du Spielberg à son meilleur mais je reconnais en même temps que ce ne sera pas un succès au box-office ! (D'ailleurs je ne crois pas que c'était son but vu qu'il a presque tout tourné en secret !) comme je disais ci-dessus ,ceci ressemble à un film d'auteur...tout comme jadis "The Color Purple" que j'ai adoré soi dit en passant !..

Yves Desbiens

5 janvier 2006

Le monde musulman et le monde chrétien en perpétuel conflit!!! votez pour cette réaction
 
Même si je n'ai pas vu ce film, je connais l'histoire de l'échiquier politique de ce moment, Le Mossad et l'espionnage Israélien, les jeux de Munich étaient un peu la réconciliation d'Israel avec l'Allemagne de l'après, mais septembre noir a tout gâché, rappelant au monde entier la fragilité des relations entre les mondes Musulman et Chrétien qui se cristallise en violence encore aujourd'hui entre Israël et la Palestine.

Speilberg est un maître du 7 ième art, Son premier film "Duel" avait été fait sans budget, et son dernier contribuera certainement à sa collection de chef-d'oeuvres. Le conflit est si ancien au Moyen-Orient, il pourrait même remonter a Abraham qui répudiât sa bonne, les espoirs d'une paix quelconque sont très minces. Golda Meir faisait ses réunions ministérielles dans sa cuisine, son salon, sa chambre et dans toutes les pièces de sa maison, de terribles conseils de guerre avec son ministère de la défense dans une pièce et dans une autre des questions de scolarités avec son ministre de l'éducation, tout en distribuant des breuvages et des douceurs. Elle avait de terrifiantes décisions à prendre pour prouver qu'Israël ne se laisserait pas intimider.

Le Mossad d'Israël et Le FLP de la Palestine était en permanente confrontation avec comme toile de fond la guerre froide USA ET URSS, La guerre des 7 jours dans le Golan avait galvanisé le peuple Israélien, Septembre noir a réveillé une fois de plus, la Loi du Talion.

Louis Gagnon  Internaute dans les 200 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{2 votes}
5 janvier 2006

Réducteur de tête votez pour cette réaction
 
Ben là ! C'est de la mauvaise foi ou quoi ?Est-ce que c'est pour grossir les traits de la chronique que Spielberg est "réduit" en soulignant deux fois plutôt qu'une qu'il est producteur de film de requins et d'extras-terrestres ? Et le magnifique Shindler's List dans tout ça ? Un des films les plus fort qu'il m'ait été donné de voir !

Ne ne dites pas M. Martineau que vous venez de découvrir que Steven Spielberg est un homme intelligent qui a des choses à dire ?

Ce n'était vraiment pas nécessaire de le diminuer pour le besoin de nous donner envie d'aller voir son dernier film. Je dois cependant ajouter que je n'avais pas l'intention d'y aller, mais que maintenant je n'en suis pas si sûr.

De plus ce n'est pas une tare de faire des divertissements de qualité comme ceux qu'il nous a produit depuis ses débuts avec le film Duel et avec E.T. qui n'était pas qu'un innocent film d'extras-terrestres, mais plutôt une des plus belle histoire du cinéma sur l'acceptation de la différence (extrême dans ce cas-ci) des autres et des liens d'amitié indestructible.

Alors je crie plutôt mon indignation sur votre mauvaise foi de nous faire croire que les lecteurs vont vous reprocher de placer Spielberg au rang de Michael Moore !

Marc Lavoie  Internaute dans les 100 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{3 votes}
5 janvier 2006

Chapeau Spielberg ! Et chapeau Martineau (vous commencez très bien l'année) ! votez pour cette réaction
 
À titre de créateur de personnages, Spielberg est fasciné par l'humain. Il a été pauvre : ça le rend plus humain. Bush a tout avantage de s'inspirer de lui et nous aussi.

Comment fonctionne l'être humain ? Chacun a besoin d'évoluer dans un univers qui lui ressemble. Si on respecte ses rêves, il est même prêt à beaucoup de compromis. S'il aime tel métier, il s'allumera à le pratiquer et y consacrera beaucoup de temps sans effort. S'il en est empêché ou doit opter pour un job alimentaire, il s'éteindra et allô les problèmes. Même chose s'il est amoureux : il doit choisir la personne qui lui convient parfaitement. Il doit aussi vivre dans le lieu qui lui plaît le plus et avoir l'occasion de S'OCCUPER DE SON PROCHAIN. Ceci se fait en se mettant dans les souliers de l'AUTRE plutôt que de décider pour lui. L'humain doit aussi connaître exactement ses forces et avoir l'humilité de reconnaître ses faiblesses. Si un de mes proches tombe malade et que je ne connais pas la médecine, je l'amène aux experts pour qu'ILS s'en occupent. Il doit aussi respecter l'environnement pour ne pas piller les ressources, etc.

Pareil pour la faune et la flore : un chevreuil arraché à son écosystème aboutira sur l'autoroute et un cactus mourra s'il reçoit trop d'eau.

Tous les systèmes politiques devraient penser à axer leurs actions sur l'humanisme lorsqu'ils votent leurs lois. Bush aurait dû agir ainsi devant Saddam : il aurait été si populaire s'il avait incité et vraiment aidé chacun de ses électeurs à faire jaillir leur côté lumineux que Saddam aurait voulu l'imiter. Et les autres politiciens aussi. On aurait alors assisté à un âge d'or de l'humanité. Mais ils préfèrent l'argent, le pouvoir et la guerre.

Les films de Spielberg et de Michael Moore sont indispensables. Maintenant, à quand un film qui montrera la façon de bien traiter l'homme ? Personne n'aime les reproches, Bush non plus. Pour qu'il change, donnons-lui la preuve que l'humanisme est plus payant que le pétrole.

Mariette Beaudoin  Internaute dans les 200 meilleurs contributeurs de Voir.ca
{1 vote}
5 janvier 2006
S'il y a un film que vous devez voir en ce début d'année, c'est Munich, de Steven Spielberg. C'est le pamphlet politique le plus virulent et le plus pertinent depuis Fahrenheit 9/11 de Michael Moore.

Je vous entends déjà crier votre indignation: "Quoi? Mettre le père de E.T. et Indiana Jones dans le même panier que le réalisateur de Bowling for Columbine et Roger and Me? Mais c'est une aberration, un sacrilège!"

Eh bien non. Ces deux films visent la même cible et rongent le même os.

Adaptation de Vengeance, best-seller du journaliste canadien George Jonas (un ouvrage-choc qui a causé une énorme controverse à sa sortie, en 1984), le film de Spielberg se déroule au lendemain des terribles événements qui ont secoué les Jeux olympiques de Munich en 1972. Afin de venger les 11 athlètes israéliens lâchement assassinés par Septembre Noir, un groupe terroriste pro-palestinien, Golda Meir, alors première ministre d'Israël, a mis sur pied un groupe d'intervention paramilitaire ultrasecret.

Sa mission: retrouver les 11 personnes responsables de cette attaque ignoble, et les abattre sur-le-champ.

Pendant deux ans, les membres de ce groupe ont patrouillé le monde. Ils ont amassé des informations, acheté des armes sur le marché noir, fabriqué de faux passeports et suivi leurs cibles à la trace. Ils ont abattu un homme dans le hall d'une tour d'habitation, placé des bombes dans un téléphone et sous un lit, et fait exploser une chambre d'hôtel à Athènes. Ils ont abattu

de sang-froid trois Arabes devant une église en Suisse, tué une femme dans une péniche en Hollande et fait sauter l'automobile d'un suspect à Paris.

Du 16 octobre 1972 au 11 novembre 1974, les membres de cette escouade ont tué 15 personnes.

Ils ont vengé leurs compatriotes, comme le souhaitait Golda Meir.

Mais ils ont aussi perdu leur âme en chemin.

La dernière scène de Munich se déroule à New York en 1975. Floué, déprimé, rongé par le doute, le chef de l'escouade antiterroriste se demande s'il a bien fait d'accepter cette mission. La caméra le suit alors qu'il longe la rivière Hudson.

On le voit marcher les mains dans les poches. On aperçoit les buildings de Manhattan. Puis la caméra effectue un lent panoramique à gauche et s'arrête sur les deux tours du World Trade Center.

The End.

Spielberg est un cinéaste intelligent. S'il a décidé de terminer son film sur des images du World Trade Center (un punch que j'ai trouvé aussi fort que celui de La Planète des singes), ce n'est pas innocent. C'est parce qu'il veut établir un parallèle entre Israël et les États-Unis, entre les décisions prises par Golda Meir en 1972 et celles prises par George W. Bush en 2001.

"La vengeance est une arme dangereuse, dit en substance Spielberg. Quand on terrorise des terroristes, quand on tue des meurtriers, quand on brise la loi pour attraper des gens qui brisent la loi, quand on bafoue les libertés individuelles pour punir des gens qui bafouent les libertés individuelles, on finit par perdre son âme et par descendre au niveau de ses ennemis. La meilleure façon de défendre la démocratie est de la respecter."

Si ce n'est pas un film politique, je me demande ce que c'est...

Ce n'est pas la première fois que Spielberg critique l'administration américaine. War of the Worlds, son film précédent, était aussi une métaphore sur la lutte antiterroriste menée par George W. Bush. À travers cette adaptation crépusculaire du classique de H.G. Wells, Spielberg montrait à quel point le recours aux armes est une solution inadéquate lorsque vient le temps de lutter contre une menace aussi insidieuse que le terrorisme. Rappelez-vous le personnage interprété par Tim Robbins. Sorte de "survivaliste" fou qui tripait sur les fusils et qui était prêt à écraser ses voisins pour tuer ses ennemis, il était dépeint comme un véritable crackpot.

Il a beau avoir fait des films sur des requins et des extraterrestres, Steven Spielberg n'en demeure pas moins un auteur important qui a des choses à dire. Suffit d'aller au-delà des apparences et de voir un peu plus loin que le bout de son nez...


 
 



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Ce film relate les évènements de '72 à Munich et peint le portrait de ce cauchemar. À cette époque, la ministre a décidé de remettre l'ordre avec les moyens qui ont été proposés, discutés, évalués et décidés unanimement sous les lois régissant leur État. Évidemment, le Canada n'en aurait jamais fait autant et loin de nous l'idée d'agir de la sorte. Et pourtant, c'est encore ainsi que ce règle bien des conflits sur ce continent. Il ne faut pas toujours crier à la conspiration. Ces mesures sont extrèmement lourdes de tradition et ont intérêt à être dénoncées et modifiées.

Diane Proulx
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5 janvier 2006

Publié dans Critiques USA

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