Pour l'auteur de «Vengeance», terrorisme et contre-terrorisme sont différents

Publié le par David CASTEL

 

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"Munich"


Mis en ligne le 24/01/2006
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Pour George Jonas qui accuse Spielberg, «Munich» suggère le contraire.

Polémique, «Munich» l'est déjà tout simplement aux yeux de George Jonas, l'auteur de «Vengeance», le livre dont est inspiré le film. Sur son site (www.georgejonas.ca), ce journaliste canadien accuse tout simplement Steven Spielberg d'avoir «massacré» son enquête. Une fois les droits d'adaptation signés, Jonas n'a d'ailleurs jamais été consulté, n'ayant même pas reçu, affirme-t-il, copie du scénario. Il n'a découvert le film que le 7 décembre dernier, peu de temps avant sa sortie en salles aux Etats-Unis.

Plusieurs scénaristes

Le projet d'adaptation remonte à 1998, mais le film est passé par ce qu'on appelle à Hollywood le development hell, purgatoire où s'éternisent parfois des projets de film pendant des années. Universal, DreamWorks et Spielberg sont parties prenantes dès le début, mais cinq scénaristes seront nécessaires avant d'arriver à une version satisfaisante: d'abord Janet et David Peoples (ce dernier étant réputé notamment pour les films oscarisés «Blade Runner» de Ridley Scott et «Impitoyable» de Clint Eastwood), puis Eric Roth (auteur des autres machines à Oscars que furent «Forrest Gump», «The Insider» et «Ali»), suivi de Charles Randolph («La vie de David Gale» et «The Interpreter») et enfin Tony Kushner (la pièce et la mini-série «Angels in America»). Au final, seuls sont crédités au générique Eric Roth et Tony Kushner.Pour George Jonas, la version finale du scénario pervertit l'esprit de son livre: «Vengeance» part du principe qu'il y a une différence entre le terrorisme et le contre-terrorisme; «Munich» suggère exactement le contraire. Mon livre n'a aucune difficulté à raconter un acte de guerre accompli contre un crime de guerre; le film trouve cela difficile.» Jonas assure d'ailleurs n'en avoir guère été surpris connaissant «les positions de Kushner sur la politique israélienne» (Kushner est co-auteur du livre «Wrestling with Zion: Progressive Jewish-American responses to the israeli-palestinian conflict»). Au contraire de «son» «Avner», celui de Spielberg, estime-t-il, est paralysé par une crise morale que le vrai «Avner» n'a jamais connue - même s'il a été confronté au stress et au choc post-traumatique de sa guerre de l'ombre. Et d'ajouter que «le film de Spielberg montre les dangers de la résistance au terrorisme alors que mon livre montre les dangers de ne pas y répondre.» Il reproche encore à Spielberg et Kushner, «dans leurs efforts pour ne pas diaboliser des êtres humains d'avoir humanisé des démons».

E LEGENDES

© La Libre Belgique 2006

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