La loi du talion :
| La rédaction web des Echos - 25 janvier 2006 | |
Espionnage
MUNICH de Steven SpielbergAvec Eric Bana, Daniel Craig, Mathieu Kassovitz.
« Vingt-cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, on assassine encore des Juifs, pieds et poings liés, sur la terre allemande ! » La réaction de Golda Meir, Premier ministre d'Israël, ne se fait pas attendre après l'assassinat des athlètes israéliens, le 5 septembre 1972, pendant les jeux Olympiques de Munich (lire ci-contre). Elle ordonne de monter une opération - « Colère de dieu » - pour exécuter tous les responsables directs et indirects de la prise d'otages. Le bal est ouvert le 16 octobre 1972 : Adil Zoutir, faux conseiller à l'ambassade de Libye, est abattu à Rome. L'année suivante : trois Palestiniens sont tués à Paris ; un à Chypre ; trois à Beyrouth, par un commando. La dernière opération a lieu le 22 avril 1979 à Beyrouth, où le principal organisateur du massacre, Ali Hassan Salameh, est abattu. Le film raconte cette traque menée par un agent du Mossad, Avner Kauffmann (Eric Bana), et les cinq hommes qu'il a recrutés. Pendant deux heures quarante. Le temps se fait long. Steven Spielberg est passé maître dans les scènes d'action, moins dans la psychologie des personnages.
Il y avait pourtant un matériau splendide : clandestinité, solitude, peur de l'échec, angoisse de mort. Pour camper ces « samouraïs » - parfois amateurs, certes -, le maître s'appelait Jean-Pierre Melville. Steven Spielberg, à force de vouloir coller aux faits, crée une sorte d'hyperréalisme (« La Liste de Schindler », « Le Soldat Ryan ») qui nous en éloigne. Michael Lonsdale a beau être génial dans le rôle d'une ex-barbouze française qui vend des « tuyaux » aux Israéliens, les deux Mathieu, Amalric et Kassovitz, confirmer leur talent, et tous les acteurs mériter un coup de chapeau, le film patine. Dommage.
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