Les films indépendants éclipsent ceux des grands studios aux Oscars 2006

Publié le par David CASTEL


La quasi totalité des films concourant dans les catégories les plus prestigieuses des Oscars 2006 sont des oeuvres à petit budget et soutenues par des producteurs indépendants, les longs métrages des grands studios se retrouvant marginalisés.

»Il est très inhabituel de voir quatre longs métrages indépendants sur les cinq nommés pour le meilleur film, c'était plutôt le contraire dans le passé», a remarqué Marty Grove, éditorialiste au quotidien spécialisé Hollywood Reporter.

»Si (ces films) ne sont pas vraiment réalisés de façon indépendante, ils sont au moins produits par les filiales spécialisées dans les productions indépendantes des grands studios», a-t-il déclaré à l'AFP.

Seule exception cette année, le film »Munich» de Steven Spielberg, avec un budget de quelque 75 millions de dollars, produit par DreamWorks et distribué par Universal.

Les quatre autres finalistes, »Le secret de Brokeback Mountain», »Collision», »Good night, and good luck» et »Truman Capote» étaient dotés de budgets modestes, financés par des investisseurs privés.

»Brokeback Mountain», qui met en scène deux cow-boys homosexuels et part favori avec huit nominations, n'a coûté que 14 millions de dollars, financés par Sony Independent Pictures et le co-propriétaire d'une équipe de base-ball du Minnesota (nord).

George Clooney a bouclé le budget de 7,5 millions de dollars de son film sur le maccarthysme »Good night, and good luck», avec l'aide du propriétaire d'un club de basket de Dallas (Texas, sud) et celle de la maison de production de Jeff Skoll, l'un des fondateurs du site d'enchères en ligne eBay.

Le budget du film »Collision», nommé lui aussi six fois, ne dépasse par les 6,5 millions de dollars, malgré la présence de Matt Dillon et de Sandra Bullock au générique; Paul Haggis n'avait aucune assurance de voir le film sortir lorsqu'il a commencé à le tourner et c'est un entrepreneur immobilier qui l'a financé.

»Truman Capote», avec 7 millions de dollars de budget, est pour sa part co-financé par une société indépendante canadienne. Des films nommés dans d'autres catégories, comme »Hustle and Flow», »Syriana» et »Transamerica» ont eux aussi été tournés avec peu de moyens.

Les seules grosses productions rescapées aux Oscars sont, outre »Munich» (cinq nominations), »Mémoires d'une geisha», qui a coûté 85 millions de dollars et obtenu six nominations techniques, »Walk the line» (29 millions de dollars, cinq sélections), »The Constant Gardener» (25 millions de dollars, quatre nominations).

Quant à King Kong, le sixième film le plus cher de l'histoire de Hollywood avec 207 millions de dollars, il n'a obtenu que quatre nominations, essentiellement techniques.

»Les organisations qui remettent les récompenses à Hollywood ne portent plus au pinacle les mêmes choses qu'il y a quelques années. Elles ont tendance à honorer des films sérieux, davantage que des oeuvres à grand spectacle», a affirmé M. Grove.

En outre, de nombreux cinéastes et acteurs comme George Clooney, peu satisfaits des rôles qui leur étaient offerts par les grands studios, ont fondé leurs propres maisons de production, s'en servant pour lancer des projets qui leur tenaient à coeur.

Toutefois, lorsqu'il s'agit des recettes en salles, ce sont toujours les grosses machines hollywoodiennes qui règnent: la comédie sans ambition intellectuelle »Big Mamma» a raflé 62 millions de dollars dans les 10 jours suivant sa sortie en Amérique du Nord, tandis que »Brokeback Mountain» en est à 67 millions en trois mois d'exploitation.

»Collision» a obtenu neuf millions de dollars de recettes en salles, tandis que »Good night, and good luck» en est à 28 millions de dollars, un peu plus que »Truman Capote», à 20 millions de dollars.

»Ils ont été bien reçus par la critique (...), mais finalement, ils n'ont pas été vus par beaucoup de spectateurs», remarque le professeur Leo Braudy, spécialiste de la culture populaire à l'Université de Californie du Sud.

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