«Le Mossad n'avait pas prévu la victoire du Hamas»

Publié le par David CASTEL



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ARTICLE Un chef du Hamas chargé de former le gouvernement palestinien



20Minutes.fr | 21.02.06 | 14h54

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Votre livre contient une série de révélations. Pourquoi les agents du Mossad (services secrets israéliens) ont-ils accepté de vous parler ?

J’ai interviewé plus d’une centaine de personnes pour ce livre. Pendant ces deux ans de recherches, la réputation du Mossad a été entachée par une série de scandales. C’est sans doute pour pouvoir rétablir la vérité ou se justifier que nombre d’agents, las de ces turpitudes, m’ont parlé.

Le Mossad avait-il prévu l’arrivée au pouvoir du Hamas aux législatives palestiniennes du 25 janvier ?

Non, ce fut une grande surprise pour lui. Cet échec est humiliant. En fait, le Mossad a mal interprété ses rapports de surveillance effectués sur Khaled Mashaal. Ce leader du Hamas, que les agents israéliens avaient tenté de tuer en 1997 en Jordanie, avait trouvé des espions au sein du Fatah et a laissé courir de fausses informations sur le scrutin. Le Mossad a découvert la supercherie le jour des élections.

Que pensez-vous du film de Spielberg, Munich, sur l’élimination par le Mossad des membres de l’organisation palestinienne Septembre noir ?

Il est truffé d’inexactitudes, parce que Spielberg a adapté son film à partir d’un roman, Vengeance, de George Jonas, qui n’est pas un compte rendu exact des faits. Avner, le héros du film, n’a jamais été un agent de la CIA, il était un simple informateur. Autre aberration : les états d’âme d’Avner. C’est irréaliste. Les nombreux agents que j’ai rencontrés me disent : « Nous sommes entraînés pour faire ce boulot, et on est débriefé après. » Pas d’états d’âme.

Vous dites que la tentative d’assassinat de Jean Paul II en 1981 serait un complot iranien. Or, la thèse officielle est que son auteur, le Turc Mehmet Ali Agça, est un « détraqué ».

Le Mossad a découvert qu’Ali Agça avait été entraîné et endoctriné en Iran. Le complot a été organisé à Téhéran avec l’approbation de l’ayatollah Khomeiny. Le meurtre du pape devait être l’acte inaugural du Djihad contre l’Occident et ses valeurs, symbolisées par le Vatican.

Concernant Ben Laden, comment concevoir que la CIA ne l’ait pas encore retrouvé ?

Contrairement au Mossad, qui privilégie les moyens humains, la CIA a opté pour les renseignements technologiques, inadaptés dans ce cas. Même si le Mossad n’est plus ce qu’il était, il est fort d’un noyau dur de 38 hommes et 8 femmes superentraînés – plus un personnel de 1 500 personnes – et dispose d’un réseau d’un million d’informateurs dans le monde, capables de recueillir davantage d’informations que tous les satellites du monde.

Autre scoop, d’après votre livre, le Mossad serait indirectement impliqué dans la mort de Lady Di.

Le Mossad voulait recruter un espion au Ritz pour avoir des informations sur les personnalités clés qui y séjournent. Son choix s’est porté sur Henri Paul (le chauffeur du couple Lady Di-Mohammed al-Fayed, mort dans l’accident en 1997). Il avait le profil et un accès privilégié au Ritz. Le Mossad a accentué la pression pour le recruter. Poussé à bout, Henri Paul s’est mis à boire davantage, jusqu’à cet accident.

Dans votre futur ouvrage, vous aborderez les vols secrets de la CIA. Qu’en est-il ?

L’ex-ambassadeur britannique en Ouzbékistan, Craig Marry, m’a affirmé que la CIA a envoyé des prisonniers en Ouzbékistan pour les torturer. Ces renditions [restitutions] existent aussi en Egypte et au Maroc. Les vols transitent par l’Europe, ce que savaient les gouvernements européens.

Recueilli par Faustine Vincent

Publié dans POLEMIQUE

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