Spielberg contre Spielberg

Publié le par David CASTEL


 
 
20:42 | 20/ 02/ 2006

MOSCOU, 20 février - RIA Novosti. Le film Munich (2005) du réalisateur américain Steven Spielberg est sorti sur les écrans russes.

Cette fois-ci, l'auteur de La Liste de Schindler s'est tourné vers les événements tragiques des Jeux olympiques de Munich de 1972, lorsque onze sportifs israéliens avaient été assassinés par le commando palestinien terroriste Septembre noir. D'ailleurs, seulement quelques minutes dans le prologue (des deux heures et demie que dure le film) sont consacrées à la prise d'otages à Munich. Toutefois, la charge émotionnelle de ces minutes suffit pour tout le film: la caméra, affolée, se démène entre des hommes masqués et les autres en maillots qui s'entretuent.

La première ministre israélienne, Golda Meir, convoque une réunion extraordinaire du cabinet des ministres pour prononcer sa fameuse phrase: "Oublions la paix pour le moment". L'agent du Mossad Avner (interprété par l'acteur australien Eric Bana), garde de corps préféré de Mme Meir, patriote, mari et père dévoué, qui n'a encore tué personne dans sa vie, reçoit un ordre: poursuivre et éliminer les organisateurs, auteurs ou exécutants, de l'attentat.

Ensuite, l'action se déroule selon les règles de romans d'espionnage. Quatre équipiers (tireur, artificier, spécialiste de la falsification de documents et spécialiste de l'effacement des traces), aucune couverture officielle, un compte dans une banque suisse, un agent de liaison français. Mais au fur et à mesure qu'Avner rôde à travers les capitales européennes, en plaçant des bombes sous les matelas des Arabes respectables et en fusillant des personnes sans défense, le roman d'espionnage se mue de plus en plus en son antipode: un spectacle routinier et fatiguant.

Le film manque de l'envergure de La Liste de Schindler et l'éclat des premiers thrillers de Spielberg. En revanche, on doit reconnaître à Munich son aspiration à conserver une sorte de neutralité suprême (de laquelle les Arabes et les Juifs en veulent maintenant au metteur en scène). Le terrorisme, comme le perçoit Steven Spielberg, n'est pas représenté seulement par un imbécile au keffieh, mais aussi par des vieilles femmes affligées qui boivent leur thé sur une véranda: une pensée peu originale, mais qui nécessite pourtant un certain courage.

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