Munich, 1972

Publié le par David CASTEL

 


Par François Quenin

Avec Munich , Steven Spielberg signe un grand film d'espionnage sur le massacre d'athlètes israéliens lors des jeux Olympiques de 1972 et ses suites. L'histoire s'ouvre dans une aube hésitante où l'on voit huit hommes escalader les grilles du village olympique. Ils appartiennent à l'organisation terroriste palestinienne Septembre noir. Le groupe pénètre dans les chambres de la délégation israélienne, tue un entraîneur et blesse grièvement un haltérophile. Un sportif israélien parvient à sauter par une fenêtre et à donner l'alerte. Tout cela, comme la suite, est conforme à la réalité. Spielberg s'arrête sur cette journée d'attente angoissée du monde entier, filme les terroristes et leurs otages, conduits dans la nuit vers un aéroport militaire. Profitant de l'obscurité, la police allemande ouvre le feu : neuf otages israéliens, cinq terroristes, un policier allemand et un pilote d'hélicoptère sont tués. Golda Meïr, Premier ministre israélien promet aux familles des victimes que « le long bras d'Israël va retrouver tous les coupables et les punir ». Le long bras d'Israël a un nom. Il s'appelle Avner Kauffman (Eric Bana). Avec quelques hommes (Mathieu Kassovitz, Daniel Craig, Geoffrey Rush...), cet espion du Mossad va traquer à Rome, Londres, Athènes, New York et Beyrouth, les responsables palestiniens et les éliminer un à un. Cette plongée dans la guerre secrète est d'autant plus captivante que Paris en est la plaque tournante (d'où une brillante distribution francophone : Michael Lonsdale, Mathieu Amalric, Yvan Attal). Spielberg raconte cette traque avec un luxe de détails quasi documentaires. Le scénario s'ouvre aussi aux doutes de ces juifs transformés en tueurs professionnels. En réponse, le cinéaste réinjecte des images du massacre de Munich comme pour justifier la vengeance. On pourra donc lui reprocher son point de vue presque unilatéralement israélien dans ce conflit.


 

« Munich », film américain de Steven Spielberg, 2 h 35, sortie le 25 janvier.

Publié dans Critiques film France

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