Le dernier film de Spielberg sur la sellette

Publié le par David CASTEL


- Laffiche de ''Munich'' de Steven Spielberg -

Laffiche de ''Munich'' de Steven Spielberg
Le dernier film de Steven Spielberg traite des suites de la la prise d'otages des J.O. de Munich en 1972 : polémique

Steven Spielberg est accusé de renvoyer dos à dos les terroristes palestiniens qui ont tué 11 athlètes israéliens et les agents secrets israéliens qui ont abattu leurs commanditaires, dans son dernier film Munich.

Sioniste revendiqué, Steven Spielberg prend-il parti dans son film ?, reste-t-il simpliste ?,  pose-t-il de vraies questions ?

Jacky BORNET
Publié le 27/01 à 10:25
Les réponses de Steven Spielberg
- Steven Spielberg - France 2 -

Le dernier film de Stevent Spielberg, Munich, raconte comment les services secrets israéliens ont poursuivi et tué les commanditaires présumés de la prise en otage d'athlètes israéliens, les 5 et 6 septembre 1972, par huit Palestiniens du groupe "Septembre noir".

"Je ne suis pas prétentieux au point d'affirmer que je délivre un plan de paix pour le Proche-Orient avec mon film" qui sort le même jour en Israël et en Allemagne, répond le metteur enn scène dans une interview accordée au magazine allemand Der  Spiegel, publiéé lundi 22 janvier.

"Mais est-ce une raison pour laisser le champ libre à ceux qui simplifient tout? Aux Juifs et aux Palestiniens extrémistes qui considèrent jusqu'à aujourd'hui toute forme de solution par la négociation comme une sorte de  traîtrise? (Est-ce une raison) pour se taire, juste pour ne pas avoir d'ennuis?", s'interroge-t-il.

"Je voulais juste me servir du puissant médium qu'est le cinéma pour amener le public à une confrontation très intime sur un thème qu'on ne connaît généralement tout au mieux que de manière abstraite", ajoute Steven Spielberg qui refuse de "donner des réponses simples à des questions compliquées".

"Croyez-moi, je n'ai pas abordé le sujet de manière naïve. Je suis un juif américain et je connais les sensibilités dans le conflit israélo-palestinien", souligne le cinéaste qui affirme qu'il serait prêt à "mourir pour Israël".

Déjà sorti aux Etats-Unis, le film y a reçu un accueil mitigé. Il a  notamment été critiqué par certains responsables israéliens qui estiment que Spielberg  est moralement condamnable en renvoyant dos à dos Palestiniens et Israéliens. "C'est une équation morale incorrecte", a affirmé le consul général  de l'Etat hébreu à Los Angeles, Ehud Danoch.

Les autorités palestiniennes ne se sont pas prononcés sur le film, mais les réacrtions de la critique américaine ou française révèlent une position inverse,

L'accueil en France

L'accueil par la critique française de Munich est notamment lisible dans la place que lui réserve la presse quotidienne. "France Soir" lui dédit sa "une", et reconnaît plus d'une qualité au film - tout comme son éditorial - pour sa tempérance affichée.

Par contre que dire de "Libération" et "Le Monde", si sensibles au sujet traité et qui le relègue au troisième plan, comme s'ils ne savaient par quel bout le prendre, sans parler de leurs critiques respectives, alambiquée, comme souvent, dont on ne sait tirer aucune conclusion, sinon, un ton ironique ou cynique, sans sens aucun.

"Le Parisien" prend, lui, ouvertement parti contre le film, pointant du doigt le réalisateur pour avoir raté "un bon film d'espionnage (...) en se mêlant de politique (...) par manque de finesse". Si la critique reproche à Spielberg son "simplisme", on lui rétorquera que compte tenu du fait que la signataire du papier identifie Steven Spielberg au réalisateur de La guerre des étoiles (qui est George Lucas rappelons-le), on peut se poser des questions sur sa crédibilité...

 « France Inter », par la voix d'Eva Bétan, a donné un avis plutôt défavorable au film de Spielberg sur un ton politiquement correct comme d'hab'), mais laissant sur notre faim, préférèrent, c'est facile, donner la parole au producteur de Un Jour de septembre, le documentaire sur la prise d'otages de Munich sorti le même jour, par ailleurs passionnant, et complémentaire au film de Spielberg.

Pour notre part, nous vous renvoyons à nos pages cinéma, où Munich et Un jour de septembre tiennent la "une".  

Publié dans Critiques film France

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