Revue de presse internationale du 25/1/2006

Publié le par David CASTEL

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Un gigantesque mur de béton recouvert d'affiches électorales. Il s'agit en l'occurrence du mur de sécurité entre Jérusalem et les Territoires palestiniens et il s'agit bien sûr des élections législatives palestiniennes. Cette photo est à la Une de La Croix qui annonce que «les Palestiniens décident aujourd'hui de leur avenir politique». «Près d'un million et demi de Palestiniens vont voter», précise Le Parisien qui affirme que «ce scrutin peut tout changer car, dit-il, les Palestiniens semblent vouloir exprimer leurs choix dans un paysage politique totalement renouvelé par la participation du mouvement radical islamiste Hamas qui avait boycotté le scrutin législatif de 1996, comme la Présidentielle de 2005».

Un pas vers la démocratie

C'est «l'heure de vérité du Hamas», estime Libération, qui affirme que le mouvement islamiste pourrait faire presque jeu égal avec le Fatah. «Cette percée est, pour Libération, le symbole d'un double échec : d'abord celui de l'Autorité palestinienne entachée par la corruption, le népotisme et l'incapacité à améliorer le sort de la population des Territoires occupés. Et puis, c'est l'échec du processus de paix qui n'a fait que renforcer côté palestinien le culte du combattant et du martyr».

Le Figaro estime que «la contribution du Hamas au processus électoral est un bon point pour la démocratie». Le Figaro qui affirme que «Mahmoud Abbas, le président palestinien, est prêt à partager le pouvoir (…) Le pari est audacieux (…) Pour encourager l'organisation intégriste à la modération, une véritable diplomatie s'impose». Le Figaro poursuit : «par un mélange d'incitations et de sanctions, la communauté internationale doit trouver le moyen d'amener le Hamas à renouveler la trêve des attentats, à modifier sa charte et à se diriger vers une reconnaissance d'Israël». Enfin, pour Ouest-France, «faire le pari d'une mutation démocratique du mouvement est risqué. C'est pourtant la seule voie possible. On ne peut pousser aux élections et refuser le choix des électeurs, affirme Ouest-France, qui conclut : de l'OLP d'Arafat en son temps à l'IRA irlandaise, l'histoire est pleine de ces mouvements de guérilla se transformant en partis politiques».

L’épreuve de force

«Le climat social se tend pour Dominique de Villepin». Constatation ce matin du Figaro qui précise que «les syndicats lycéens et étudiants ont appelé hier à défiler dans toute la France le 7 février pour exiger le retrait du CPE, le Contrat première embauche». Commentaire du Figaro : «l'épreuve de force s'engage». Le journal poursuit sa prose guerrière en affirmant que «Villepin mobilise son camp en faveur du CPE». Commentaire de François Hollande, le n°1 du PS, cité par le journal : «il s'agit probablement de la dernière grande bataille sociale d'ici à 2007».

Pour Libération, Villepin est engagé dans un «sprint pour faire adopter le CPE avant que la gauche ne mobilise en force contre lui». Libération qui replace cette course de vitesse dans la perspective de la présidentielle de l'an prochain et qui commente, ironique : «rien n'indique que la perspective d'être mis à l'essai pendant deux ans pousse les jeunes à embaucher Villepin à l'Elysée dès sa sortie de Matignon». De son côté, l'Humanité estime «qu'on assiste à une offensive conjuguée du gouvernement et du patronat (…) leurs objectifs sont clairs, affirme l'Humanité : mise en cause du contrat de travail à durée indéterminée, de la durée du travail, du salaire minimum. Dans cette lutte généralisée contre les droits sociaux, les jeunes sont aujourd'hui sur la ligne de front».

Pour Sud-Ouest, «ce contrat première embauche a deux tares originelles : il contourne le droit du travail et surtout, il enferme les moins de 26 ans dans un enclos réservé, en bordure du marché du travail. Il reconnaît en somme aux jeunes la qualité de victimes. Cet ostracisme est pain béni, poursuit le journal, pour tous ceux qui rêvaient d'en découdre avec une droite affaiblie par une série de revers électoraux et de contre-performances économiques». Enfin, ce commentaire pragmatique de l'Indépendant du Midi : «le gouvernement assure que sa méthode est bonne contre la précarité et le chômage. Pourquoi l'empêcher de l'expérimenter, se demande le journal. Au point où en est la France, le risque n'est pas grand. S'il gagne sa bataille pour l'emploi, personne ne s'en plaindra. S'il la perd, il sera logiquement sanctionné en 2007», conclut l'Indépendant du Midi.

Œuvre controversée

Enfin, le cinéma avec la sortie des films comme tous les mercredi. Le dernier Spielberg, Munich, suscite bien des réactions. Ce film raconte «la traque et l'élimination des terroristes palestiniens après la sanglante prise d'otages des athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972», explique Le Figaro qui parle de film «controversé». Avec les médias israéliens accusant Spielberg «d'humaniser les terroristes».

Pour Libération, Munich aligne les poncifs. Libération, qui estime que «la volonté de Spielberg de prouver que le gros cinéma américain n'est pas qu'un gros média manichéen rempli de certitudes aboutit à une œuvre incroyablement filandreuse». Enfin, le Canard enchaîné classe Munich dans la rubrique des «films qu'on peut ne pas voir». «On voit, pendant deux heures quarante, les vengeurs en pleine action (…) on n'a pas à se prendre la tête, écrit le Canard, sauf cinq minutes avant la fin quand le héros se met à activer ses neurones : les assassinats qu'il a commis ne créeraient-ils pas de nouvelles vocations de terroristes ?».



par Frédéric  Couteau

Publié dans Critiques film France

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