Munich de Spielberg

Publié le par David CASTEL

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Dans « Munich », le réalisateur américain Steven Spielberg raconte l’assassinat par des agents secrets israéliens des commanditaires du massacre de Munich en 1972.
lundi 23 janvier 2006.

 
Eric Bana et Mathieu Kassovitz dans « Munich ». - 4.4 ko
Eric Bana et Mathieu Kassovitz dans « Munich ».
Dans son film le plus grave depuis "La Liste de Schindler", le réalisateur juif américain Steven Spielberg s’est bien gardé de diaboliser les terroristes palestiniens ou de glorifier les agents du Mossad. Ce relatif équilibre entre les parties rivales du conflit du Proche-Orient lui a valu quelques critiques côté israélien, essentiellement parce qu’il pose la question éthique de l’utilisation, par l’Etat hébreu, de la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent.

Le drame de Munich fut l’un des épisodes les plus marquants du terrorisme palestinien des années 70. Le 5 septembre 1972, alors que les Jeux olympiques battent leur plein, huit Palestiniens du groupe "Septembre Noir" pénètrent peu avant 5h du matin dans le village olympique, avec des armes et grenades cachées dans leurs sacs de sport.

Ils prennent en otages 11 athlètes et accompagnateurs de l’équipe israélienne, dont deux sont abattus d’entrée. Ils réclament la libération de 234 détenus palestiniens et la possibilité de pouvoir s’enfuir en avion, mais veulent surtout attirer l’attention du monde entier sur la cause palestinienne. Après 21 heures de négociations, la police allemande leur tend un piège à l’aéroport de Furstenfeldbruck, près de Munich, où les terroristes sont amenés avec leurs otages dans deux hélicoptères. Dans les fusillades, tous les otages sont tués et cinq des huit terroristes sont abattus. Les trois survivants seront libérés des prisons allemandes quelques semaines plus tard après un détournement d’avion.

En Israël, c’est la consternation. En représailles, l’aviation bombarde des camps d’entraînement et des bases de l’OLP en Syrie et au Liban, mais une autre opération, secrète, est décidée par le gouvernement de Golda Meïr : baptisée "Colère de Dieu", elle va consister à éliminer, partout dans le monde -et principalement en Europe-, les responsables et commanditaires présumés du massacre.

Pour cela, les hauts responsables israéliens vont chercher un jeune agent du Mossad, Avner (Eric Bana), à la fiabilité et à la fidélité sans faille. C’est une mission secrète : il doit pour cela rompre officiellement avec tout poste officiel au sein des services secrets, renoncer à son salaire, à son assurance, à sa retraite, quitter pendant de nombreux mois sa famille et sa jeune femme qui attend un enfant, devenir un homme de l’ombre.

Il constitue une équipe avec quatre autres agents anonymes : un tueur sud-africain (Daniel Craig, le prochain James Bond) ; un fabricant belge de jouets converti en artificier (Mathieu Kassovitz) ; un antiquaire allemand expert en contrefaçons (Hanns Zischler) ; et un spécialiste du "nettoyage" chargé de l’intendance et des détails des opérations (Ciaran Hinds).

A eux cinq, ils vont traquer et éliminer leurs cibles dans toute l’Europe, recueillant notamment des renseignements d’un mystérieux groupe d’activistes français, très bien informé et motivé par l’argent, dirigé par un énigmatique Louis (Mathieu Amalric) et son inquiétant père (Michael Lonsdale) qui semble tirer bien des ficelles...

Film à suspense, "Munich" est avant tout un film qui fait réfléchir sur le bien-fondé de la politique israélienne de représailles systématiques aux attentats palestiniens, et plus globalement sur l’idée de vengeance. "Vengeance" est le titre du livre de George Jonas, paru en 1984, sur lequel est basé le scénario.

Synthèse de Céline
D’après AP

Publié dans Critiques film France

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