32 ans après, Israël revendique l’assassinat de Ghassan Kanafani

Publié le par David CASTEL


publié le vendredi 7 octobre 2005

Nous le savions, nous le répétions, et nous n’avions pas besoin de la confirmation israélienne pour dénoncer tous les assassinats commis par les services de renseignements sionistes contre les militants palestiniens et arabes, que ce soit à Beirut ou dans les capitales européennes.

 

 
Sur un mur du camp de Deheisheh en Cisjordanie, le portrait de l’écrivain Ghassan Kanafani assassiné à Beyrouth le 8 juillet 1972
C’est dans le cadre d’un rapport écrit par un journaliste israélien, Hayer, publié par le quotidien Yediot Aharanoth que la confirmation des assassinats lancé par le gouvernement israélien, dans les années 70, a lieu.
Hayer fut le porte parole du premier ministre Rabin. Dans le rapport qu’il écrit, il explique l’opération d’assassinats lancée suite aux événements de Munich, en 1972, lorsque la police allemande tue les athlètes représentant l’Etat sioniste ainsi que des combattants palestiniens de l’organisation "septembre Noir" qui voulaient profiter de cette manifestation internationale, les Jeux Olympiques de Munich, pour dénoncer les crimes sionistes et la collaboration internationale.
Hayel explique que les Allemands, encouragés par le gouvernement israélien, n’avaient jamais eu l’intention de libérer les otages. Ce n’est d’ailleurs qu’en 74 qu’il sera clairement établi que ce sont les snippers allemands qui ont tiré, et non les Palestiniens.
Malgré cela, le gouvernement de Golda Meïr établit "la liste noire", liste de personnalités palestiniennes devant être assassinés par le Mossad. A propos de cette "liste noire", un film fut réalisé, il y a quelques années, avant même que le rapport Hayel voit le jour : "la liste Golda".
Ce film, projeté en français et en arabe, sur les petits écrans, décrit tout ce que le rapport précise et ne précise pas : une commission du gouvernement sioniste se met en place pour l’opération d’assassinats. Les noms des futures victimes sont bien listés. Mais le rapport précise que le Mossad n’avait pas encore sa puissance d’aujourd’hui et ne pouvait infiltrer les communautés arabes des capitales européennes. Il fit alors appel à tous les services sécuritaires israéliens, comme la Shabak (services internes), l’unité d’élite de l’armée l’unité 504, et des agents des services de sécurité connus pour leurs relations avec les appareils sécuritaires européens.
Le rapport évite de donner les noms de toutes les personnalités assassinées, mais il confirme l’assassinat de Muhammad Boudia, à Paris. Il confirme également l’assassinat de Ali Hassan Salameh à Beyrouth, et par erreur, du Marocain Ahmad Bouchiki, en Norvège. Il confirme l’assassinat de Ghassan Kanafani, porte-parole du FPLP et écrivain, assassiné à Beirut. L’assassinat de Basel al-Qubaysi, à Paris, en mars 1973, ainsi que celui de Mahmoud al-Hamchari [1] représentant de l’OLP à Paris.
Rappelons que si les services norvégiens ont poursuivi l’assassin de Ahmad Bouchiki, cela n’a jamais été le cas pour les services de renseignements français, qui ont laissé faire le Mossad, qui n’ont rien fait depuis pour que justice soit rendue sur le territoire français.
Il a fallu plus de trente ans pour que l’Etat sioniste avoue quelques-uns de ses crimes, non par souci de clarté, mais pour prévenir la sortie prochaine d’un film de Spielberg, à propos de ces assassinats. Donner la version israélienne au lieu d’une version romancée américaine. Mais nous le disons, il y a une version française, militante, "la liste Golda", qui semble être la plus véridique car elle a été réalisée, semble-t-il, dans un souci de vérité, et non dans un but de propagande.
 
[1] les services de polices Français connaissaient les menaces à l’encontre de Mahmoud, le moins que l’on puissse dire c’est que la protection policière française n’a pas été efficace ; Une ordonnance de non-lieu sera prononcé le 22 mars 1979 par la justice française. NDR Marc P.

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