Les films de la semaine : terrorisme, tourisme et sexe

Publié le par David CASTEL


 »Munich», le film de Steven Spielberg, objet de polémique, sur la suite de la prise d'otages sanglante aux JO de Munich de 1972, sort mercredi dans les salles françaises.

Parallèlement, un documentaire oscarisé du Britannique Kevin McDonald, »Un jour en septembre», revient sur cette tragédie.

»Vers le sud» de Laurent Cantet, avec Charlotte Rampling, propose une plongée dans les années 70 à Haïti, où de riches étrangères se disputent à coup de dollars l'amour d'un Adonis local.

- »Munich» de Steven Spielberg (Etats-Unis/2h40) avec Eric Bana, Daniel Craig, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, Yvan Attal - Avertissement - Le 5 septembre 1972, à Munich pendant les jeux Olympiques d'été, huit terroristes palestiniens se glissent en pleine nuit dans le bâtiment de l'équipe israélienne. En vingt-quatre heures, la prise d'otages vire au cauchemar: onze membres de la délégation, cinq terroristes et deux policiers allemands trouvent la mort. En réponse, et c'est le point de départ du film de Spielberg, l'Etat hébreu, dirigé par Golda Meir, lance l'opération »colère de Dieu». Le but, non officiel, est simple: traquer et assassiner les responsables présumés et encore en vie du groupe terroriste »Septembre Noir». C'est Avner, jeune agent secret du Mossad, qui est chargé de diriger le commando vengeur à travers l'Europe : les six hommes poursuivent et abattent méthodiquement leurs onze cibles. Onze responsables palestiniens pour onze otages israéliens : oeil pour oeil, dent pour dent. L'équipe de choc (composée d'Eric Bana, ex-Hulk, Daniel Craig, futur James Bond, et Mathieu Kassovitz entre autres) voit pourtant ses certitudes s'ébranler peu à peu. Leur haine des terroristes, capables des pires horreurs, se confronte peu à peu à l'improductivité de leur action: aussitôt assassinés, les responsables palestiniens sont remplacés par d'autres encore plus extrémistes.

- »Vers le sud» de Laurent Cantet (France-Canada/1h47) avec Charlotte Rampling, Karen Young, Louise Portal - Ellen (Charlotte Rampling), une Américaine en villégiature en Haïti dans les années 70, fait partie d'un petit groupe d'étrangères d'âge mur qui cherchent à échapper au train-train de leur existence dans un petit hôtel paradisiaque en bord de plage. Ellen et Brenda (Karen Young) se disputent l'affection de Legba (Ménothy Cesar), un jeune Adonis local d'à peine 18 ans qui monnaie ses faveurs. Au début du film, l'oasis que représente l'hôtel semble coupée du reste de l'île, misérable et terrorisée par les tontons macoutes de la dictature Duvalier. Mais peu à peu la réalité rattrape ce petit monde utopique, mettant en péril la fragile relation d'Ellen.

- »Tony Takitani» de Jun Ichikawa (Japon-1h15) avec Issey Ogata, Miyazawa Rie - Lauréat du Prix spécial du Jury au Festival de Locarno en 2004, »Tony Takitani», du Japonais Jun Ichikawa, est une fable sur la solitude contemplative et dépouillée, dont la forme épouse délicatement les sentiments de ses personnages. Adapté d'une nouvelle de l'écrivain Haruki Murakami, »Tony Takitani» est le portrait d'un homme habitué depuis l'enfance à une existence solitaire, qui semble éprouver une réticence naturelle aux émotions. Fils d'un musicien de jazz, Tony Takitani (Issey Ogata) est devenu très tôt indépendant. Adulte, il mène une existence sans relief, entièrement consacrée à son métier de dessinateur industriel. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre Eiko (Rie Miyazawa): en même temps que l'amour, il découvre la peur de sa perte. Bientôt, une ombre plane sur leur couple: Eiko éprouve le besoin irrépressible d'acheter des vêtements de marque, au point d'en remplir entièrement une pièce. Après sa mort tragique, Tony passe une annonce pour trouver une femme qui accepte de porter les centaines d'habits de la défunte.

- »La trahison» de Philippe Faucon (France-1h20) avec Vincent Martinez, Ahmed Berrhama, Cyril Troley - La nuit du 6 au 7 mars 1960, un bataillon français parcourt un village des zones montagneuses du Sud-Est algérien à la recherche de »fellagahs» (combattants pour l'indépendance). Le bataillon du lieutenant Roque (Vicent Martinez) compte quatre engagés arabes, ceux qu'on appellent les »harkis». Le film, une fiction tirée du roman de Claude Sales, reconstitue le dilemne vécu par ces quatre jeunes harkis désignés comme »traîtres» par leurs frères et celui du jeune lieutenant confronté à leur éventuelle »trahison». Rejetés par les Algériens qui ont choisi la lutte, ils se sentent abandonnés. Leur seul soutien est de croire qu'ils peuvent par leur présence dans l'armée protéger les villageois.

- »Un jour en septembre» (One day in september) de Kevin McDonald (GB-1h32) - Documentaire - Le documentaire du Britannique Kevin Macdonald sur la prise d'otages sanglante aux JO de Munich en 1972, réalisé en 2000 et oscarisé la même année, se veut le plus fidèle possible à la réalité. Tous les camps prennent la parole à tour de rôle, de Zvi Zamir, ancien chef des services secrets israéliens, à Jamal Al Gashey, seul membre du commando terroriste encore en vie. Pour sa sécurité, Al Gashey se cache, aujourd'hui encore, »quelque part en Afrique». Un autre témoignage plonge le film dans l'émotion qui régnait les 5 et 6 septembre 1972. Il s'agit d'Ankie Spitzer, veuve de l'entraîneur de l'équipe olympique israélienne d'escrime. Poignante et lucide, elle égrène sa vie de jeune mariée et donne une âme aux onze disparus. On y voit surtout à quel point les autorités allemandes se trouvent dépassées par les événements. Enfin, le film insiste sur le manque de pudeur d'un Comité olympique vigoureusement opposé à l'arrêt de la compétition malgré le drame.

- »Les dames de Cornouailles» (Ladies in Lavender) de Charles Dance (GB-1h43) avec Judi Dench, Maggie Smith, Daniel Brühl - Ursula Widdington et sa soeur Janet (Judi Dench et Maggie Smith) vivent ensemble dans les années 1930 dans un petit cottage au sommet d'une falaise de Cornouailles, partageant leurs activités entre les soins donnés à leur jardin et les habitants du village voisin. Jusqu'au jour où un naufragé, un jeune violoniste polonais (Daniel Brühl) fuyant les percutions antisémites, s'échoue sur une plage et bouleverse leur vie. Adaptation de la nouvelle de William J. Locke »Ladies in Lavender», ce film intimiste tourné en Cornouailles montre l'éveil des deux vieilles dames à des émotions qu'elles croyaient ne plus pouvoir ressentir.

- »Bienvenue en Afrique» (Welcome home) d'Andreas Gruber (Autriche-1h30) avec Aboul Salis, Georg Friedrich, Rainer Egger - Isaac (Abdul Salis), immigré sans papiers africain, est capturé à la frontière par la police autrichienne. Après avoir mené des recherches sur son pays d'origine, deux policiers sont chargés de le reconduire au Ghana. Dans l'avion, un incident violent révèle la cruauté et le racisme de l'un des policiers. Arrivés au Ghana, les policiers, qui pensent que nul ne comprend leur langue, redoublent de racisme, d'arrogance et de supériorité vis-à-vis de leurs collègues africains qui décident alors de les retenir à Accra dans l'attente d'un visa. Sans passeport et avec peu d'argent, les deux policiers se retrouvent alors perdus dans la capitale africaine, contraints de veiller sur Isaac et de faire face à une culture locale qui leur est tout à fait étrangère.

- »Des histoires pas comme les autres» de Paul Driessen (Canada-1h00) - Six courts métrages d'animation - »Une vieille boîte» (1975); »Air !» (1972); »Le Garçon qui a vu l'iceberg» (2000); »Au bout du fil» (1974); »La Fin du monde en quatre saisons» (1995); »2D or not 2D» (2003)

- »Familles à vendre» de Pavel Lounguine (Russie-France/1h46) avec Konstantin Khabnesky, Natalia Koliakanova, Esther Gorintin - Baruk, Andrew, Irène ou Samuel, qui vivent aux quatre coins du monde depuis deux générations rêvent de retrouver leurs vraies racines et s'adressent à une agence spécialisée. Ces gens, comme beaucoup d'autres, ont perdu les leurs pendant la révolution ou la Deuxième Guerre mondiale. Leur chemin croise celui d'Edik Letov, jeune aventurier qui trouve là une occasion de s'enrichir en persuadant les habitants d'une petite ville d'Ukraine de jouer, juste pour une semaine, le rôle de ces familles tant recherchées. Après un casting méticuleux, Edik (Konstantin Khabenski) crée une famille imaginaire pour chacun des quatre prétendants et organise leurs retrouvailles à Golotvine.

- »Kekexili, la patrouille sauvage» de Lu Chuan (Chine-1h35) avec Duo Buji, Zhang Lei, Zhang Lei, Qi Liang, Zhao Xueing, Ma Zhanlin - Avertissement - Pour empêcher le massacre des dernières antilopes du Tibet, une patrouille de volontaires part à la recherche d'un gang de braconniers sur les plateaux du Kekexili. Une poursuite impitoyable s'engage entre les deux groupes dans des conditions extrêmes, à 5.000 mètres d'altitude.

- »The king» de James Marsh (USA-1h45) avec Gael Garcia Bernal, William Hurt, Laura Harring, Paul Dano - Interdit aux moins de 12 ans - Elvis Sandow (Gael Garcia Bernal), un jeune marin de 21 ans qui vient de quitter la Navy, est à la recherche de son père qu'il n'a jamais connu. Il découvre que celui-ci est en fait le pasteur d'une église baptiste en plein essor du Texas. Marié à une femme ravissante, Twyla, et père de deux enfants magnifiques, Malerie et Paul, le pasteur (William Hurt) ne veut rien avoir à faire avec Elvis qui lui rappelle un passé à la marge. Petit à petit, Elvis commence à infiltrer la famille et tout est prêt pour un déchaînement de violence.

- »La montagne aux bijoux...» d'Abdollah Almorad et Mohamed Reza Abadi (Iran-1h01) - Trois films d'animation : »Une histoire douce» de Mohamed Reza Abedi, »Les Oiseaux blancs» et »La Montagne aux bijoux» de Abdellah Almorad.

- »Rochester, le dernier des libertins» (The libertine) de Laurence Denmore (Etats-Unis/1h55) avec Johnny Depp, John Malkovich, Samantha Morton, Rosamund Pike - Avertissement - Ce film retrace l'existence aussi véridique que tumultueuse du deuxième comte de Rochester (Johnny Depp), ami et confident du roi Charles II d'Angleterre (John Malkovich). Au XVIIe siècle, cet homme d'exception, débauché notoire et libre penseur, mena une vie entièrement dédiée à la recherche du plaisir et de la vérité. Incapable d'hypocrisie dans une époque où elle était un art, il fut à la fois décrié, condamné mais également admiré pour son avant-gardisme et son goût de la liberté. Lorsque le comte rencontre Elizabeth Barry (Samantha Morton), une jeune actrice, il tombe immédiatement sous son charme et parie avec ses amis qu'il parviendra à en faire la coqueluche de Londres. L'amour va tout compliquer et Rochester aura une destinée aussi sulfureuse que ses écrits, aussi flamboyante et libre que ses pensées.

- »Le silence des rizières» de Fleur Albert (France-Vietnam/1h29) - Documentaire - Entre histoire et destins individuels, »Le silence des rizières» propose un éclairage sur la guerre d'Indochine à travers ceux qui ont lutté contre le colonialisme et pour la liberté du Vietnam. Maï est la fille de l'un d'entre eux, un Français, »André». Elle revient sur ses traces au Vietnam, avec sa mère Thuy Cam. Le film fouille les conséquences intimes de l'Histoire au sein d'une famille, avec son lot de mythologies, de sacrifices et de cloisonnement. Les destins mêlés de ces acteurs de l'ombre concentrent ce que furent les enjeux humains d'une guerre de décolonisation et d'une indépendance nationale en pleine guerre froide.

- »La terre abandonnée» (Sulunga enu pinisa) de Vimukthi Jayasundara (France/Sri Lanka-1h48) avec Mahendra Perera, Kaushalya Fernando, Nilupuli Jayawardena - Sur une terre entre guerre et paix, dans une atmosphère étrange et incertaine, des corps s'attirent, la culpabilité ronge les assassins, des soldats s'abrutissent en manoeuvres ineptes, les légendes ressurgissent. Seule l'enfance est innocence en cette terre abandonnée des Dieux.

- »La véritable histoire du petit chaperon rouge» (Hoodwinked - The true story of red riding hood) de Todd Edwards, Tony Leech et Cory Edwards - Film d'animation avec les voix de Maureen Dor, Michel Leeb, Dominique Lavanant - Une petite fille avec une capuche rouge, un loup, une mère-grand, une chevillette, une bobinette, un panier avec une galette... On croit tous connaître cette histoire, mais toute la forêt est en émoi depuis qu'une enquête confronte tous ces personnages.

Publié dans Box Office

Commenter cet article