Maccarthysme, Moyen-Orient, terrorisme: un Noël très politique à Hollywood

Publié le par David CASTEL


 King Kong, les comédies familiales et les dessins animés sont au rendez-vous, mais il est aussi question de maccarthysme, de Moyen-Orient et de terrorisme dans les films que Hollywood propose en cette fin d'année, reflet d'une période troublée pour les Etats-Unis.

Deux jours avant Noël, Steven Spielberg, l'un des maîtres du box-office, va sortir »Munich» sur la traque des terroristes des jeux Olympiques de 1972. Dans un entretien à l'hebdomadaire Time début décembre, Spielberg a affirmé qu'il avait voulu faire »une prière pour la paix» alors qu'Israéliens et Palestiniens sont toujours en conflit.

Le Moyen-Orient sert aussi de toile de fond à deux autres films récents: »Jarhead» sur la guerre du Golfe en 1991, et »Syriana», patchwork d'histoires liées aux réseaux américains du pétrole avec notamment George Clooney dans le rôle d'un agent de la CIA.

L'ex-vedette de la série »Urgences» apparaît également dans un film qu'il a réalisé et produit, »Good night, and good luck», racontant l'affrontement entre le journaliste de télévision Ed Murrow et le sénateur pourfendeur des communistes Joseph McCarthy au début des années 1950.

Pour Clooney, opposant à la guerre en Irak, l'analogie avec la situation actuelle aux Etats-Unis est évidente.

»Lorsque j'ai commencé à être qualifié d'antipatriote par des mecs comme Bill O'Reilly (de la télévision conservatrice Fox News), ça m'a énervé», a récemment raconté l'acteur au magazine Entertainment Weekly.

»J'ai regardé les archives, vu McCarthy traiter Murrow de +terroriste+ et Murrow affirmer qu'il ne faut pas confondre désaccord et manque de loyauté, et je me suis dit qu'il y avait une idée là dedans», a-t-il poursuivi.

Salué par la critique, ce film à petit budget, tourné en noir et blanc et en studio, a déjà recueilli 22 millions de recettes aux Etats-Unis et décroché quatre nominations aux Golden Globes. »Syriana», de son côté, a atteint la deuxième place du box-office.

La série de films politiques va se poursuivre en 2006 avec la sortie de plusieurs longs métrages de fiction sur les attentats du 11 septembre 2001, dont un réalisé par Oliver Stone. Jamie Foxx, Oscar du meilleur acteur cette année, doit aussi jouer dans un film sur »la guerre contre le terrorisme».

Le genre politique n'est pas nouveau à Hollywood: on se souvient de »M. Smith au sénat» en 1939, des »Hommes du président» dans la foulée du scandale du Watergate en 1974, sans parler de dizaines de films sur la guerre du Vietnam et d'autres sur l'assassinat de JFK.

Mais avec l'arrivée depuis une génération de chaînes d'information continue, la culture politique pénètre de plus en plus celle du divertissement, explique Robert Thompson, professeur à l'université de Syracuse (New York, est) et spécialiste de la culture populaire.

»Cela commence à se voir dans les salles de cinéma et à la télévision: actuellement, il existe deux feuilletons mettant en scène le président: +The West wing+ et +Commander in chief+», où le chef de la Maison Blanche est une femme, a-t-il rappelé.

Autre explication, »nous vivons une époque passionnante sur le plan politique. Une guerre est en cours, la présidence est de plus en plus critiquée, il y a eu aussi la gestion du cyclone Katrina... La politique offre des tas d'idées pour des scénarios haletants», souligne M. Thompson.

Et qui l'eût cru, certains de ces scénarios ont des visées humoristiques: »Looking for comedy in the Muslim world», qui sort en janvier, raconte comment le président américain fait d'un comédien son envoyé spécial au Pakistan pour résoudre ce mystère, vu des Etats-Unis: qu'est-ce qui fait rire les musulmans?

Publié dans Promo du film

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