Deux golden globes et favori aux oscars

Publié le par David CASTEL


Le cru 2006 des statuettes dorées s'annonce inhabituellement engagé.

par Annette LEVY-WILLARD
QUOTIDIEN : mercredi 18 janvier 2006

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Le Secret de Brokeback Mountain truste déjà les récompenses à domicile : golden globes du meilleur film et du meilleur metteur en scène. Ce qui, de fait, place le film en pole position dans la course aux prochains oscars, qui se dérouleront le 5 mars et dont le cru 2006 s'annonce étonnamment politique.

Syriana vient de valoir un golden globe du meilleur second rôle au nouveau gauchiste de Hollywood, George Clooney, qui joue un agent de la CIA renégat dans ce film qui dénonce les tractations autour du pétrole pour justifier une guerre dans un pays pas très imaginaire du Moyen-Orient... «Ce n'est pas une attaque contre l'administration Bush, a déclaré Clooney, mais une critique de soixante ans d'erreurs politiques au Proche-Orient.» Egalement en piste pour les prix, l'autre Clooney, Good Night and Good Luck, d'ailleurs tourné en noir et blanc. L'acteur devenu réalisateur y évoque la résistance des journalistes à la censure à l'époque du maccarthysme, piqûre de rappel en direction des médias américains anesthésiés depuis le 11 septembre. Politico-moraux, le dernier Spielberg, Munich, qui s'interroge sur l'éthique de la vengeance après l'attentat contre les athlètes israéliens aux jeux olympiques de Munich en 1972, et de l'autre côté, Paradise Now, sur les attentats-suicides palestiniens (golden globe du meilleur film étranger). Très politiquement incorrect, Collision (Crash), réalisé par Paul Haggis, qui fait exploser les clichés sur les bons et les méchants, les Noirs et les Blancs, à partir d'un accident de voitures à Los Angeles. On peut aussi rajouter dans les films à thème sérieux le très dérangeant A History of Violence de David Cronenberg et The Constant Gardener, adaptation du livre de John Le Carré qui met en scène les grandes industries pharmaceutiques en Afrique. Lauréate du globe de la meilleure actrice pour un second rôle dans le film, Raquel Weisz a déclaré que l'ambiance politique lui rappelait l'époque contestataire des années 70.

«On n'a jamais vu une saison des oscars aussi riche en films à contenu et socialement engagés», constate le New York Times, qui ajoute, sarcastique : «Dommage pour eux, personne n'a jamais accusé les membres de l'académie de voter avec leur tête. Le gagnant est en général un film inspiré par la guimauve et les neurones qui vont avec.» Ce qui n'exclut cependant pas Brokeback espère le même journal, qui range le film dans la catégorie soap opera. Et puis, à l'heure où le mariage gay est légal dans l'Etat du Massachusetts, et célébré en grande pompe en Angleterre pour les épousailles d'Elton John, le film n'est plus si sulfureux, même pour les membres conservateurs de l'académie des arts et sciences du cinéma qui décernent les fameuses statuettes dorées. Les experts de Hollywood pronostiquent une finale entre Brokeback et Good Night.

Publié dans Oscars

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